
Jeux traditionnels et modernes, stands de découverte, structures gonflables et ateliers ont offert à chacun, enfants, adultes, personnes âgées et personnes en situation de handicap, un moment ludique placé sous le thème national : « Les loisirs pour une société meilleure ».
Les loisirs, un droit universel
Dans son discours d’ouverture, le ministre Fifana a rappelé que « l’accès aux loisirs n’est pas un luxe, mais un droit universel ». Isabelle Anoh, directrice générale des Loisirs, s’est félicitée de voir la vision gouvernementale se traduire en actes. « Nous prouvons qu’un ministère peut œuvrer pour l’inclusion et le bien-être de tous, quels que soient l’âge, le genre ou le milieu de vie. » À Agnibilékrou, ce principe était palpable, avec des espaces de jeux aménagés pour chaque tranche d’âge et chaque condition physique.
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Au-delà du divertissement, Siandou Fofana a défendu le rôle stratégique des loisirs dans l’économie nationale. « Le secteur ludique est un puissant moteur de développement, notamment pour les villes secondaires », a-t-il déclaré. Selon lui, investir dans des infrastructures de loisirs et valoriser les sites culturels et naturels contribuent à la sédentarisation des jeunes, à la lutte contre l’exode rural et à la création d’activités économiques porteuses. Un argument d’autant plus important dans une sous-région où la question migratoire occupe une place centrale.
Grande annonce de la journée, une loi fixant la « politique nationale des loisirs » sera prochainement soumise aux deux chambres du Parlement. Ce texte, a expliqué le ministre, visera à encadrer les activités ludiques, à définir des normes de sécurité et de qualité, et à professionnaliser les acteurs du secteur. « Nous voulons éviter toute dérive et garantir que chaque Ivoirien puisse profiter d’un loisir sûr et encadré », a-t-il souligné.
Les opérateurs mobilisés
Jean-Marc Bini, porte-parole des professionnels du secteur, a confirmé la mobilisation des opérateurs privés pour accompagner les initiatives publiques. À Agnibilékrou, le ministre, revêtu pour l’occasion de sa casquette de maire, a annoncé la création d’un site écotouristique de 5 hectares, baptisé « Domaine Bini ».
Par ailleurs, le conseil municipal consacrera 30 % du territoire communal à des espaces verts et de loisirs pour accentuer l’ancrage de cette politique dans le plan d’aménagement local.
Pour toucher un plus large public, le ministre a également annoncé le lancement d’une « caravane de loisirs » sillonnant le pays pendant les vacances scolaires pour faire découvrir les jeux traditionnels et les nouvelles attractions aux populations les plus isolées, tout en suscitant des vocations entrepreneuriales locales.
Inspiré par l’exemple de Dubaï, où tourisme et loisirs sont des piliers économiques, Siandou Fofana souhaite associer technologie et patrimoine ludique ivoirien. Plus de 300 jeux traditionnels ont été répertoriés et seront codifiés puis simplifiés en vue d’une digitalisation. Cette démarche vise à créer de nouvelles applications mobiles et à promouvoir la culture locale sur les plateformes numériques.
Une adhésion populaire et traditionnelle
Pour garantir la qualité de l’offre, le ministère imposera des normes strictes aux exploitants d’espaces de loisirs. « Nous mettrons en place des programmes de formation et de professionnalisation pour que chaque opérateur réponde aux exigences de sécurité et d’accueil », a précisé le ministre. Isabelle Anoh a salué le leadership de son patron « grâce à l’engagement duquel le secteur est en pleine mutation et gagne en crédibilité. »
La réussite de la JML à Agnibilékrou doit beaucoup à l’implication des autorités locales. Mamadou Tounkara, premier adjoint au maire, a salué l’adhésion « totale » des populations et du corps préfectoral. De son côté, Sa Majesté Nanan Tigori Gnamin, roi du Djuablin, a honoré de sa présence cette célébration, renforçant le lien entre modernité et traditions. La Journée mondiale des loisirs à Agnibilékrou a dépassé le simple divertissement pour devenir un véritable laboratoire du développement local.


