À quelques jours du coup d’envoi de la Coupe du monde 2026, l’ambiance n’est pas à la fête, mais plutôt à l’indignation générale. Conjointement organisée par les États-Unis, le Canada et le Mexique, la compétition la plus prestigieuse de la planète football est en passe de devenir, selon les observateurs, la Coupe du monde de la paranoïa et du soupçon. Entre une politique migratoire américaine ultra-rigide et des prix de billets exorbitants, la colère gronde.
Au centre des critiques : Gianni Infantino, le président de la FIFA, dont le silence face à ces dérives commence sérieusement à agacer.
Le scandale des visas : Un arbitre d’élite refoulé.
C’est l’une des affaires les plus rocambolesques et humiliantes de ce début de tournoi. Désigné meilleur arbitre africain en 2025 par la CAF et titulaire du badge FIFA depuis 2018, le Somalien Omar Abdulkadir Artan faisait légitimement partie des 52 officiels retenus pour le Mondial.
Arbitre somalien refoulé, Sénégalais fouillés , joueur irakien cuisiné,… Le silence d’Infantino face au « Mondial du soupçon »
Pourtant, à son arrivée sur le sol américain, le couperet est tombé : les services de l’immigration lui ont purement et simplement interdit l’accès au territoire , et ce, malgré un visa en parfaite règle. Les autorités américaines n’ont fourni aucune explication officielle, mais la Somalie subit de plein fouet les restrictions migratoires strictes des États-Unis.
Résultat : un arbitre majeur du continent africain est privé de son rêve mondial sur décision administrative.
7 heures d’interrogatoire pour la star irakienne Aymen Hussein
La sélection irakienne, qui fête son grand retour en Coupe du monde après 40 ans d’absence, a elle aussi goûté à la rigueur excessive de la douane américaine. Samedi dernier, à l’aéroport O’Hare de Chicago, l’attaquant vedette Aymen Hussein , le héros national qui a inscrit le but de la qualification a été retenu et interrogé pendant près de sept heures.
Son téléphone portable a été minutieusement inspecté par les services de sécurité. Si Hussein a finalement pu rejoindre son équipe, le photographe officiel de la sélection irakienne, Talal Salah, n’a pas eu cette chance. Après 10 heures de détention et une fouille similaire, il a été refoulé du territoire.
Indignation : L’équipe du Sénégal fouillée sur le tarmac.
Les Lions de la Téranga n’ont pas été épargnés par ce traitement de choc. Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux ont provoqué une vague d’indignation mondiale. On y voit plusieurs membres de l’équipe nationale du Sénégal, l’une des plus grandes chances africaines du tournoi, soumis à des fouilles corporelles et des contrôles approfondis de bagages directement sur le tarmac de l’aéroport.
Sur la toile, les supporters crient au deux-poids deux-mesures et au manque de respect flagrant pour des athlètes internationaux.
« Aurait-on osé infliger le même traitement sur le tarmac à l’équipe de France ou à des super-stars occidentales ? » , s’insurgent de nombreux fans africains.
Prix des billets et capitalisme sauvage : Le football confisqué.
En plus de ce climat sécuritaire étouffant, la Coupe du monde 2026 bat des records d’exclusion économique. Le prix des billets pour les matchs a atteint des sommets jamais vus dans l’histoire du football, rendant le tournoi inaccessible pour le supporter moyen, en particulier ceux venant des pays en développement. Les fans qualifient déjà cette édition de « Coupe du monde des riches » , où la ferveur populaire a été troquée contre les dollars des corporations américaines.
Le silence assourdissant de Gianni Infantino.
Face à ce fiasco organisationnel et humain avant même le match d’ouverture, un homme brille par son absence : Gianni Infantino. Le patron de la FIFA, d’ordinaire si prompt à vanter « l’inclusivité » et la « mondialisation » du football, reste muré dans un silence jugé complice par les instances africaines et asiatiques. En acceptant de confier le Mondial à un pays sans obtenir de garanties fermes sur la libre circulation et le respect de la dignité des acteurs du jeu (joueurs, arbitres, staffs), la FIFA est accusée d’avoir capitulé face aux exigences politiques de Washington.
Si la Coupe du monde doit être la grande fête de la fraternité humaine à travers le sport, ce début de tournoi envoie un message désastreux. Le football est un langage universel, mais en 2026, certains semblent vouloir lui imposer des frontières bien sélectives.



