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Les dessous de la visite de Tony Blair à Abidjan

Ce lundi 13 novembre 2017, l’agenda du Président de la République de Côte d’Ivoire affichait un entretien avec l’ex-premier ministre britannique, Tony Blair, sur le coup de 11h GMT. Même si rien n’a été révélé sur l’ordre du jour, la récente actualité finit de convaincre sur les raisons de ce déplacement outre-Atlantique de l’homme d’Etat, ex-homme fort de Grande-Bretagne.

Selon toute vraisemblance, comme ça a déjà été le cas en mars dernier, Tony Blair vient à nouveau solliciter l’intervention du premier des Ivoiriens dans une affaire qui risque de compromettre sérieusement les intérêts d’Olivier Colom, son ancien collaborateur, par ailleurs administrateur indépendant du Groupe Endeavour Mining.

Le Groupe, en plus de celle d’Ity, exploite une mine d’or à Agbaou (sud de la Côte d’Ivoire, à environs 200 km d’Abidjan). Cinq villages environnant sont sur le pied de guerre s’estimant lésés et injustement méprisés par les “occupants de leurs terres’’.

C’est du moins ce que révèle le quotidien Le Jour Plus dans sa parution de ce 13 novembre 2017. Relayant notamment les propos de Victor Koffi Kouassi, porte-parole des villages concernés. Il était face à la presse ce samedi 11 novembre 2017.

« Les victimes sont plus de 2000. Il y a au moins une centaine qui a toujours ses plantations dans les périmètres de la mine. Ces personnes ne sont pas dédommagées et elles sont interdites d’accès à leurs champs », a expliqué le porte-parole.

Et M. Koffi Kouassi de poursuivre : « Chaque matin, ceux qui ont leurs plantations dans les périmètres de la mine sont obligés de se regrouper devant l’entrée de la mine en attendant qu’on leur permette d’avoir accès à leurs champs. Cela finit souventes fois en bagarres entre les vigiles et les planteurs ».

Aussi le porte-voix des villages concernés réclame au nom de ses mandants la reprise du processus de dédommagement. « Nous exigeons que ceux qui ont encore des plantations dans le périmètre de la mine soient dédommagés et déguerpis. Certains ont été mal dédommagés, alors il faut reprendre ce processus ».

Se plaignant particulièrement d’un employé de la multinationale, un certain Goh Denis qui serait le directeur chargé des relations communautaires et qui aurait pour habitude de leur tenir des « propos orduriers » tout en se défilant aux engagements consentis de même qu’aux accords signés lors des médiations, Victor Koffi Kouassi demande qu’il soit recadré et que toutes les affaires pendantes soient résolues. A défaut « nous allons nous asseoir sur nos terres », a-t-il menacé invitant également l’Etat à leur prêter une oreille attentive.

« Si l’Etat ne fait rien dans les années à venir, ce sont des maladies et des morts en cascade qui seront enregistrées à Agbaou. Nous appelons les autorités en l’occurrence le ministère des mines, à nous venir en aide face à ces miniers », a-t-il conclu.

Rappelons qu’en mars 2017, la mine d’Agbaou faisait face à un conflit social de grande envergure. Les travailleurs du Groupe anglais avaient même déposé un préavis de grève pour « non-respect des lois ivoiriennes ». Un non-respect qui touchait tant la durée journalière de travail que le calcul du taux horaire. Etaient également en cause une « baisse drastique illégale des salaires » de même que « le renvoi abusif de certains travailleurs d’Agbaou Gold Opérations ».

IMatin

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