11122018Headline:

Floby : “J’ai été jeté à la rue” par ma famille

florby1

La nouvelle coqueluche de la musique burkinabè, Floby, était à Abidjan il y a quelque temps. Le chanteur est venu pour le tournage de la vidéo du titre “Ma petite trottinette” du groupe Révolution, sur lequel il est intervenu en featuring. Nous avons échangé avec l’artiste.

Avec à son actif trois albums, Maam soore, Wilgui-maam, Wend’mi, deux maxi singles et  deux singles My Lady et La femme de mon Boss, Florent Belemgnégré, alias Floby continue de faire un carton au Burkina et dans les pays de la sous-région. Il est compté parmi les artistes burkinabè dont le premier album a été un succès.

C’est une chance que le chanteur a eue d’être propulsé au-devant de la scène avec son premier essaie Maam soore (ma voie), sorti en juin 2006. Et très vite, s’enchaînent les trophées et les prix. Au Kundé d’Or en 2007, il reçoit deux récompenses (Kundé de la révélation et meilleur artiste joué en discothèque). Et dans le même temps, la Radio Télévision du Burkina (RTB)  l’honore pour la qualité de ses clips vidéo. En 2008, il se produit en spectacle à un parlement de l’Union Européenne à Strasbourg à la demande de Louis Michel, commissaire général à l’époque de cette institution internationale. Avant de se ren-dre à New York, Washington et à Chicago pour une série de spectacles. En 2009, il est  “Tiercé d’Or” au Burkina. Dans la même année, il reçoit son premier disque d’Or avec plus de 75 000 albums vendus.

En 2010, il remporte le Kundé d’Or. Sans oublier plusieurs distinctions et trophées sur le continent. Le jeune chanteur fait la fierté de la musique burkinabè.  «C’est en 2008 que j’ai effectué mon premier voyage en France pour participer au festival de Cannes, grâce à la communauté burkinabè», dit-il. Depuis, la cote de popularité de l’artiste ne cesse de monter. Désormais, Floby veut conquérir un public autre que sa communauté. Aujourd’hui, il vise la scène internationale. «Je reviens d’une série de spectacles. J’ai presté à New York, Houston, Paris, en Suisse, en Italie, en Hollande…», confie le chanteur.

  • Qu’est-ce qui t’amène à Abidjan ?

– C’est un séjour de travail. Mais, sachez que la Côte d’Ivoire est mon deuxième pays. Parce que j’y suis né. C’est pourquoi je ne manque pas d’effectuer des voyages réguliers pour voir mes parents. Mais cette fois, c’est pour le tournage du clip vidéo du groupe ivoirien Révolution. Je suis intervenu en featuring sur leur chanson ‘“Ma petite trottinette” qui figurera sur leur nouvel album.

  • Comment est née cette collaboration musicale ?

– D’abord, j’aimais la musique de cette formation zouglou, bien avant même qu’on ne fasse connaissance. Et c’est lors d’une de leurs tournées au Burkina, que j’ai été informé que le groupe souhaitait me voir. C’est vraiment dans la convivialité que nous avons échangé. Après, ils m’ont soumis l’idée de chanter ensemble sur un de leurs titres. Bien que je ne fasse pas du zouglou, je n’ai pas trouvé d’inconvénient. Puisque je suis un chanteur polyvalent. Et c’est comme ça que tout est parti.

Au finish, je n’ai pas regretté cette expérience. Je suis plutôt ravi.

 

  • Pourquoi le choix d’Abidjan et non Ouagadougou pour le tournage du clip ?

Bon, la chanson n’est pas à moi. C’est l’œuvre du groupe Révolution que je soutiens. On a jugé que c’était économique que le tournage se fasse à Abidjan. Parce que si le groupe et leurs managers doivent se déplacer à Ouaga, ce serait coûteux. Nous avons trouvé judicieux que moi seul je vienne à Abidjan. C’est ce qui a été fait.

  • Tu as vraiment le vent en poupe actuellement ?

– (Rire) Oui, par la grâce de Dieu, je continue d’être sollicité. Ce succès, je le dois à tous les mélomanes qui me soutiennent.

  • Tu brasses beaucoup de genres, dans quel registre musical peut-on te classer ?

– J’ai débuté ma carrière avec des chansons mélancoliques.  J’excelle dans le style acoustique afro-rock. Avec  une fusion entre les rythmes du terroir  et les musiques du monde. Mais depuis quelque temps, les mélomanes me retrouvent dans d’autres tendances musicales. Mais c’est juste une transition. Et je reviendrai à mon style originel.

  • Comment pourras-tu revenir à ton style originel, puisque ton nouveau feeling marche bien ?

– Effectivement, c’est vrai que certains mélomanes se plaignent par moments. Mais qu’ils sachent, qu’il n’y aucun problème à ce niveau. Ils me retrouveront dans le registre musical qui m’a révélé. Le style que le public apprécie est parti de la chanson, ‘’Yombo’’, de mon troisième album. Dont le clip vidéo est passé en boucle sur la chaîne Trace Tv.  C’est à partir de ce moment que les responsables de cette télévision m’ont demandé de leur proposer un single. Et  j’ai produit ‘’My Lady’’, qui a été aussi un succès. Ensuite, le single ‘’La femme de mon boss’’.La cerise sur le gâteau sera mon nouvel album qui va être disponible en juin 2015.

  • As-tu peur de perdre ta place sur la scène internationale sans les musiques urbaines ?

– Pas du tout. C’est tout simplement dans le but de cibler le public des night-clubs, que je pratique les musiques urbaines. Sinon mes précédents albums m’ont permis aussi de jouer dans plusieurs festivals en Afrique, en Europe et aux USA. C’est pourquoi j’insiste pour vous dire que  mon nouveau style musical est juste une transition pour moi (rire).

  • Pourquoi ne te produis-tu pas plus souvent en Côte d’Ivoire, à part au FEMUA et autres manifestations communautaires ?

– Je pense vraiment à faire plaisir à tous les mélomanes ivoiriens, à travers une grande tournée dans près de 22 villes. J’essaie de bien la préparer  pour qu’elle réussisse. Parce que la Côte d’Ivoire est la plaque tournante de la musique africaine.

  • Après la crise que le Burkina a vécue récemment, qu’est-ce qui a changé pour les artistes ?

– J’étais à l’extérieur pour des spectacles, lorsque cette crise est survenue. Et je suis rentré le

3 novembre dernier. Effectivement, j’ai constaté que beaucoup de choses ont changé aussi pour les artistes. Le Dg du Bureau Burkinabè de Droit d’Auteurs (BBDA) a été nommé au poste de ministre de la culture. Le lendemain, tous les artistes ont contesté cette nomination. Car lorsqu’il était Dg du BBDA, on se plaignait régulièrement de sa méthode de gestion. Donc, on ne pouvait pas accepter que celui-ci devienne le ministre de la culture. Et nous avons organisé une marche pour dénoncer cette nomination. J’espère que son remplaçant fera le bonheur des artistes du Burkina, sinon…

  • Faisais-tu partie de ceux qui ont protesté ce jour-là ?

– Bien sûr. Je suis allé marcher pour dire non à sa nomination au ministère de la culture.

  • Donc, tu es un artiste engagé…

– Oui, mais pas comme certains peuvent le comprendre. Je ne fais pas de la politique dans mon combat. Je prends position pour des cas sociaux, comme celui des enfants de la rue. Parce que j’ai connu ce milieu pendant des années.

  • Comment t’es-tu retrouvé dans la rue ?

– C’est lorsque j’avais décidé de faire de la musique mon métier. Ma famille n’a pas compris et n’a pas approuvé mon choix. Je ne voulais pas abandonner ce que j’avais commencé et mes parents m’ont mis dehors. Comme je ne savais pas où aller, j’ai passé plus de six ans dans la rue.

  • Qu’est-ce que la musique t’a apporté aujourd’hui ?

– Elle m’a tout donné. Aujourd’hui, j’ai une vie de famille. Je vis dans ma propre maison. Je suis père d’une charmante fillette. J’ai aussi des réalisations, entre autres, un grand maquis qui emploie 45 personnes dans le quartier Dassasogo de Ouaga. Et j’ai aussi un magasin de vêtements.

  • Quels sont tes autres challenges  ?

– Par la grâce de Dieu, je suis un peu connu à l’échelle internationale. Je continue de bosser dur. Mais je veux aller très loin dans ma carrière.

  • Y a-t-il des artistes avec lesquels tu souhaiterais faire des featurings ?

– Oui, certains ont donné leur accord, comme Mani Bella (Cameroun) et Tache Noir (Togo). Pour les autres, nous sommes encore en négociation.

  • Quels sont les artistes ivoiriens dont tu écoutes les chansons ?

Il y a Alpha Blondy, Tiken Jah, Magic System, Les Patrons, Bebi Philip, Révolution et bien d’au-tres.

Par Charly Légende

charlylegende@topvisages

Comments

comments

What Next?

Recent Articles

Leave a Reply

Submit Comment