
La Banque africaine de développement (Bad) a publié ce jour, jeudi 17 janvier 2019, son rapport sur les Perspectives économiques en Afrique 2019 (Pea). Les facteurs positifs et négatifs de la Côte d’Ivoire ont été dévoilés, à cette occasion.
La Côte d’Ivoire a mis en œuvre de nombreuses réformes dans le cadre de son Plan national de développement (Pnd) 2016-2020. Dans le secteur de l’énergie, les réformes ont été axées sur la soutenabilité financière du secteur, l’apurement des arriérés des producteurs indépendants et l’investissement dans la capacité de production. En conséquence, la puissance installée a augmenté de 56% entre 2011 et 2018 pour atteindre 2 200 mW (Mégawatts). La couverture en électricité est également passée de 33% à 54% de la population rurale. Dans le secteur agricole, les réformes se sont concentrées sur l’accélération du développement des chaînes de valeur et l’augmentation de la transformation locale des principaux produits agricoles, notamment le cacao, les noix de cajou, l’huile de palme et le caoutchouc.
L’investissement a également amélioré la qualité et l’accès à l’éducation de base et aux services de santé mais la réduction de la pauvreté et des inégalités reste un défi. C’est le tableau présenté ce jeudi 17 janvier 2019 par la Banque africaine de développement (Bad), en ce qui concerne la situation économique de la Côte d’Ivoire, lors de la présentation du rapport sur les Perspectives économiques en Afrique (Pea 2019).
Le rapport publié sur le site de la Bad souligne également que la Côte d’Ivoire a toujours été une destination importante pour l’immigration et demeure au centre de l’une des routes migratoires les plus dynamiques du continent. La Côte d’Ivoire est également un important couloir de transit pour ses voisins enclavés, grâce à ses ports d’Abidjan et de San Pedro. Le rapport révèle que la Côte d’Ivoire est un partenaire clé sur le marché régional de l’électricité et fait partie d’un réseau d’interconnexion électrique avec le Bénin, le Burkina Faso, le Ghana, le Togo et bientôt le Mali, ainsi qu’avec les pays de l’Union du fleuve Mano (Guinée, Liberia et Sierra Leone). Il est également signalé que la Côte d’Ivoire a accru ses investissements dans les infrastructures énergétiques, routières et aériennes et les réseaux de télécommunication régionaux.
Produit intérieur brut. Le rapport de la Bad note que la croissance du Produit intérieur brut (Pib) réel a atteint 7,4% en 2018, contre 7,7% en 2017, soutenue par la demande extérieure de produits agricoles et pétroliers et par une demande intérieure accrue résultant de grands projets d’investissement et de la consommation des ménages. L’économie a dû faire face à plusieurs chocs en 2017, dont une forte baisse des prix du cacao, une hausse des prix du pétrole et des tensions sociales. En conséquence, le déficit budgétaire s’est creusé pour atteindre 4,2% du Pib avant de connaître une amélioration à un niveau estimé à 3,8% en 2018. La dette publique a augmenté pour atteindre 48,2 % du Pib en 2018, sous l’impulsion des émissions d’euro-obligations en 2017 et 2018.
Dette
Le risque de surendettement de la Côte d’Ivoire, toujours selon le rapport, reste modéré. L’inflation a été faible, à un taux estimé à 0,5% en 2018, contre 1,0% en 2017. Le déficit des opérations courantes s’est creusé, passant de 1,8 % du Pib en 2017 à 2,7 % en 2018. Les perspectives économiques demeurent favorables, avec une croissance du Pib réel de 7,0% en 2019 et de 6,9% en 2020.
Un des aspects négatifs évoqués, c’est la vulnérabilité de l’économie aux chocs extérieurs qui peuvent résulter d’une évolution défavorable des cours des matières premières (cacao et pétrole principalement) et de conditions climatiques défavorables. Le défi urgent consiste à poursuivre la croissance économique et à assurer une répartition plus équilibrée entre les secteurs, en vue de réaliser une transformation structurelle de l’économie. Pour ce faire, le rapport appelle à améliorer la qualité des produits agricoles et à moderniser le secteur industriel en vue d’activités à plus forte valeur ajoutée et à forte création d’emplois.
Les Perspectives économiques en Afrique 2019, de façon globale, font ressortir que la stabilisation macroéconomique et les résultats en matière d’emploi sont meilleurs lorsque l’industrie tire la croissance, ce qui suggère que l’industrialisation est un vecteur puissant de création rapide d’emplois.
Les Perspectives 2019 montrent que les pays africains ne bénéficient pas de manière égale des dividendes de l’intégration régionale, d’où des incitations et des engagements qui varient en fonction de la situation des pays. En définitive, la Bad recommande aux pays africains de travailler encore plus étroitement ensemble afin de construire de concert un avenir commun de richesse et de prospérité.
Irène BATH
linfodrome.com


