
Il convient d’agir sur les sources de l’inadéquation compétence-emploi en Côte d’Ivoire pour favoriser l’insertion professionnelle des jeunes.
Le recensement d’une centaine de travaux de recherche associés aux analyses réalisées par le Centre de recherches microéconomiques du développement (Cremide) permet de faire ressortir un certain nombre de résultats, relativement à la situation de l’emploi des jeunes en Côte d’Ivoire.
L’inadéquation entre les formations dispensées et les emplois disponibles sur le marché du travail en Côte d’Ivoire est au cœur des débats sur l’insertion professionnelle des jeunes. Les conclusions d’une enquête réalisée sur la période 2012-2016, par le Centre de recherches microéconomiques du développement (Cremide), avec l’appui de l’Agence française de développement (Afd) font ressortir un certain nombre de résultats. Ces chiffres publiés jeudi 31 janvier 2019, au cours d’un atelier à Abidjan-Plateau, indiquent que le taux de chômage moyen des jeunes au sens large (15-35 ans) est de 9,6 % contre 12,2 % pour les diplômés du secondaire et 17,1 % pour les diplômés du supérieur.
Un an après leur diplôme, le taux d’insertion des diplômés de l’enseignement technique et de la formation professionnelle est de 14,4 %. Le sous-emploi concerne plus de 20 % des jeunes (enquête emploi, 2014). Seulement 3,3 % des emplois occupés le sont dans le secteur public et 5 % dans le secteur privé formel.
Au plan microéconomique, deux enquêtes ont été réalisées par le Cremide entre octobre 2017 et mars 2018 dans les grandes villes de la Côte d’Ivoire. Ces enquêtes concernent d’une part l’inadéquation compétence-emploi et d’autre part l’évaluation des politiques d’emploi jeunes en Côte d’Ivoire. Sur 4 434 individus interrogés dont 2 794 en emploi, 751 au chômage et 889 hors main d’œuvre, les résultats suivants ont été obtenus : seuls 24 % des jeunes diplômés sont en situation d’adéquation parfaite. Il ressort que plus de 75 % des jeunes diplômés sont en situation d’inadéquation. Le taux élevé de sous-compétence dénote d’une insuffisance des contenus en formation face aux exigences des postes de travail.
Irène BATH
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