
Ouvert, le lundi 21 janvier 2019, le dialogue sur la réforme de la Commission électorale indépendante (Cei), ne s’est pas prolongé au délà d’une semaine.
Les premières journées ont, en fait, consisté en une prise de contact entre le gouvernement et les principaux acteurs du dialogue. Aux partis politiques qui constituent, avec la société civile, les maillons forts de la discussion, le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, a exposé, le 21 janvier, dès l’ouverture du dialogue, la méthode de travail retenue par le gouvernement. Les parties élaboreront, dans un délai de deux semaines, leurs contributions qu’elles déposeront au ministère de l’Intérieur et de la sécurité. La phase suivante consistera en une discussion au cours de laquelle seront présentées les différentes propositions. Ensemble, les parties chercheront le « meilleur compromis » suivant l’expression de Gon Coulibaly.
La méthode, ainsi déclinée, agrée-t-elle les parties prenantes au débat ? Pas forcément. Les premiers échanges entre gouvernement et partis politiques ont, tout de suite, laissé entrevoir de petites tensions. Le professeur Bamba Moriféré, du Rassemblement du peuple de Côte d’Ivoire (Rpci), s’est distingué dans une prise de parole énergique. C’est que le modérateur- ici, le ministre de l’Intérieur et de la sécurité- a annoncé que six (6) interventions seraient enregistrées, dans le lot des partis invités, et que cela pourrait être suivi d’autres prises de parole, soit pour des éclairages, soit pour des contributions. Cette démarche a mécontenté l’opposant qui s’écria : «Vous avez invité les partis politiques ici présents. Nous sommes des acteurs politiques et chaque parti invité doit prendre la parole. Ceux que vous avez cités ne nous représentent pas ». Il s’en était suivi des échanges un peu tendus, signe annonciateur de discussions difficiles.
Ecueils. A peine lancé, le dialogue sur la réforme de la Cei est confronté à ses premiers écueils.
D’abord, le concept d’« inclusion ». Selon qu’on appartienne ou non à la partie gouvernementale, la notion de « dialogue inclusif » est diversément appréciée. Si dans l’entendement des autorités, les discussions initiées, le 21 janvier, sont ouvertes et inclusives, des partis ainsi que des organisations de la société civile entendent les choses différemment. Le Pit d’Ahizi Aka Daniel, le Fpi tendance Sangaré, Lider de Monique Gbekia, le Mfa d’Innocent Anaky Kobena ou encore l’Upci de Brahima Soro ne prennent pas part au débat. Ces partis ont un dénominateur commun : ils sont traversés par un courant de division. Problème : pour certains, les rivaux ont été invités à la table de négociations. « C’est le gouvernement qui invite à la discussion…Les dés sont déjà pipés », protestait, très tôt, Innocent Anaky Kobena, fondateur du Mouvement des forces d’avenir (Mfa) dont le parti est, aujourd’hui, représenté par Siaka Ouattara, promu secrétaire d’État dans le dernier gouvernement Gon.
Dans le camp de la société civile, des organisations s’estiment, elles aussi, exclues. Une plateforme de 16 organisations, amenée par la très médiatisée Pulchérie Gbalet, s’est inquietée, lundi 28 janvier, en conférence de presse, de l’échec « prévisible » des discussions. Leur « exclusion », ont jugé ces organisations, « donne l’impression que tout est déjà bouclé ».
Ensuite, il y a le contenu du dialogue en lui-même. Des parties à la discusion estiment qu’il ne faut pas restreindre les débats à la seule question de la Cei. Un groupe d’une vingtaine de partis politiques, amené par le Pdci de Henri Konan Bédié, a exigé, vendredi 1er février, la convocation d’une large concertation consensuelle et inclusive comprenant les partis politiques, les organisations de la société civile et le gouvernement. Selon la vingtaine de partis politiques, le dialogue avec les autorités doit être élargi à toutes les institutions en charge de l’arbitrage et du contentieux électoral (Conseil constitutionnel et Cour suprême, notamment).
L’ouverture du dialogue à la question du Conseil constitutionnel est une idée partagée par des organisations de la société civile. Actions pour la promotion et la défense des droits de l’homme en Côte d’Ivoire (Apdh), à travers son président, Dr Néné Bi, a plaidé auprès du gouvernement pour une « réforme du Conseil constitutionnel »…
Kisselminan COULIBALY
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