
Le maire de Brazzaville, Christian Roger Okemba, a été suspendu de ses fonctions par le ministre de l’Intérieur. Dans un arrêté signé en fin de semaine dernière, le ministre évoque des « irrégularités constatées » dans la gestion des finances de la capitale congolaise.
Tout s’est enchaîné très vite. Il y a d’abord cette pétition mercredi dernier, signée par une soixantaine de conseillers municipaux pour dénoncer « la gabegie » et la gestion « opaque » des finances de Brazzaville. La pétition demande ni plus ni moins que la « destitution » du maire, accusé par ces élus d’avoir détourné des fonds destinés à réparer les routes et trottoirs de la capitale.
Dès le lendemain, dans un arrêté, le préfet de Brazzaville a cette fois interdit en urgence la tenue d’une session budgétaire. Avant cette décision, vendredi, du ministre de l’Intérieur Zephirin Mboulou de suspendre immédiatement Christian Roger Okemba. Objectif annoncé : « permettre des investigations appropriées » sur les « irrégularités constatées dans la gestion administrative et financière de la ville ». Parallèlement fuitait sur les réseaux sociaux une lettre de ce même ministre demandant le gel d’un compte de la municipalité, d’où le maire aurait ordonné un virement vers un compte privé.
Une rapidité qui surprend les observateurs, dans un pays où les soupçons de corruption donnent rarement lieu à investigation. Plusieurs sources évoquent en arrière-plan de cette affaire « une guerre de clan » autour de cette municipalité, qui représente « un enjeu financier important ». En 2018, le poste de maire de Brazzaville avait donné lieu à une bataille serrée au sein du parti au pouvoir entre d’un côté Christian Roger Okemba, désormais suspendu, soutenu par Edgar Nguesso, le neveu du chef de l’État, et de l’autre Claudia Nguesso, la fille du président.


