
Venu pour le grand oral devant les sénateurs, le jeudi 11 juin 2020, le ministre de la Promotion des Petites et moyennes entreprises, Anoblé Félix Miézan, a traité « la politique générale du Gouvernement pour la promotion des PME : bilan et perspectives »
Dans le bilan fait depuis qu’il est à la tête de ce département ministériel, Anoblé Félix a fait comprendre que rien ne va dans le secteur des Pme. Cela, à commencer par le ministère lui-même qui est en proie aux difficultés. Sous le regard attentif du président de la Commission des Affaires économiques et financières du Sénat, Koumoué Koffi Moïse, et du président du Sénat, Jeannot Ahoussou-Kouadio, le ministre Anoblé a égrainé lesdites difficultés. Ainsi au niveau institutionnel, il a fait noter que « la gestion de la promotion des Pme n’a jamais été confiée à un département dédié comme c’est le cas depuis deux ans »
« Son rattachement à d’autres départements ministériels en faisait une composante non prioritaire. Cette instabilité institutionnelle du département en charge des Pme ralentit le développement de l’écosystème. En plus, certains projets de développement sont gérés directement par les ministères sectoriels. Et le plus souvent, le ministère technique (Mppme), n’est pas associé. Par exemple, la gestion du Fonds de soutien aux Pme ; le crédit-bail ; l’appui de 100 milliards de FCFA de la Banque mondiale initialement destiné aux Pme et transformé au programme pour l’emploi et la transformation, est piloté désormais par la Primature et le ministère du Commerce et de l’industrie. Par ailleurs, l’insuffisance de données statistiques sur le secteur ne permet pas de faire une bonne planification de la politique de la promotion des Pme. Cet état de fait ne permet pas de prendre des mesures appropriées pour les Pme. Aussi, faut-il noter l’inadaptation des mesures fiscales à la spécificité des Pme qui sont jugées encore trop contraignantes » a-t-il fait savoir avant de relever que « Les budgets alloués au ministère en charge de la Promotion des Pme pour l’accomplissement de ses missions sont généralement insuffisants. Ainsi, au titre de l’année 2020, le ministère a reçu une dotation de 1.8 milliard de FCFA. »
A ces difficultés relevées, le n°1 de la Promotion des Pme, dans ce bilan, a fait observer que « l’accès des Pme à la commande publique reste encore limité pourtant, la Charte de sous-traitance et de cotraitance a été signé depuis 2015.»
« La concurrence déloyale faite aux Pme par les grandes entreprises et le secteur informel est un autre obstacle pour l’accès aux marchés publics. Aussi, faut-il souligner que les Pme ne sont pas suffisamment structurées et ne satisfont pas à la réglementation en vigueur pour accéder à la commande publique. Au titre du paiement de la dette intérieure, le délai de 90 jours, fixé pour le paiement des factures, n’est pas toujours respecté. Cela fragilise les Pme qui travaillent généralement sur fonds propres. » a-t-il ajouté Face à toutes difficultés subies, il n’a pas manqué de lancer cet appel à soutien « Pour finir, je voudrais solliciter le soutien des vénérables sénateurs que vous êtes pour appuyer le tout premier département ministériel dédié à la promotion des PME de notre pays, dans sa quête de financement pour la réalisation de ses perspectives ; car je suis persuadé qu’avec vous, nous disposerons de moyens nécessaires et suffisants pour l’atteinte des objectifs qui nous sont assignés… »
Notons que c’est à bâtons rompus que sénateurs et hôte du jour ont échangé sous la forme de questions-réponses. Ceci dans la plus grande courtoisie et dans une bonne ambiance.


