
La Pologne pourrait ainsi cumuler à terme plus de chars que les cinq premières puissances militaires d’Europe de l’ouest. Et si Varsovie a annoncé cette année une hausse significative de ces dépenses militaires c’est qu’elle est en première ligne face à la Russie souligne Frédéric Mauro Chercheur associé à l’institut de Relation internationales et stratégiques, « la Russie a toujours été perçue par la Pologne comme étant l’ennemi héréditaire, elle est passée du stade de menace virtuelle au stade de menace tout à fait urgente jusqu’à présent le gouvernement polonais s’en remettait presque exclusivement à la protection de l’OTAN mais là les choses ont un petit peu changé les Polonais se sont quand même rendus compte de la fragilité du protectorat américain le 2e changement fondamental qui est intervenu précisément avec la guerre d’Ukraine c’est qu’une guerre conventionnelle en Europe est redevenue possible »
La Pologne veut jouer parmi les grands
Varsovie redécouvre l’importance de l’autonomie stratégique et multiplie les alliances pour endosser un rôle de leader sur le flanc oriental de l’OTAN. « l’alliance avec la Lituanie est tout à fait naturelle » indique Frédéric Mauro, « de même qu’elle l’est avec la Tchéquie et aussi elle l’alliance avec l’Ukraine et est tout à fait naturelle et donc c’est en constituant des alliances et en séparant elle-même que la Pologne se protège parmi les grands alliés potentiels alors avec les Allemands, c’est vraiment compliqué hein mais il y a une alliance qui pourrait se révéler intéressante entre la Pologne et la France il y a des appels du pied de part et d’autre aujourd’hui les Polonais se souviennent que les Français existent et qu’en matière de défense, ils ont quelques arguments à faire valoir notamment mais pas seulement dans le domaine nucléaire »
La Pologne veut désormais jouer parmi les grands et ambitionne de posséder dans une décennie les forces terrestres les plus puissantes d’Europe servies par 300.000 soldats.


