Arrêté arbitrairement, roué de coups de pieds, giflé, suspendu la tête en bas, frappé sur la plante des pieds soumises à des électrochocs, sodomisé, menacé à l’aide d’un pistolet automatique. Lionel Engongah, un étudiant de 24 ans, a subi de pires sévices le 21 décembre à la contre-ingérence (B2), une police politique sous tutelle de la présidence de la République.
Tout a commencé le 17 décembre 2014 par une simple visite de son collègue, Nicolas Ondo, arrêté quelques jours plus tôt. « J’étais accompagné d’un condisciple. Quand nous sommes arrivés au B2, le capitaine Omer Elingui nous a dit que nous ne pouvions plus rentrer chez nous », a expliqué Lionel Engongah.
« Des agents nous ont déshabillés et mis en cellule de manière isolée. Dans la nuit du 18 au 19 à 2 heures du matin, un agent est venu m’extraire de ma cellule pour m’emmener au bureau du capitaine Omer Elingui à la porte 109. J’ai trouvé Nicolas là-bas. Le capitaine Omer Elingui a demandé à deux agents de me ‘’corriger », a renchéri l’étudiant.
Les deux policiers mandatés, a-t-il avancé, l’ont mis à plat ventre et l’ont sauvagement battu à l’aide de leur ceinturon avant de le sodomiser. « J’ai pleuré. Ils m’ont menacé de mort au cas où je les dénonçais », a ajouté l’étudiant, précisant que ses bourreaux avaient agi à l’instigation de leur chef, le capitaine Omer Elingui.
Ce dernier aurait fait comprendre à Lionel Engongah qu’il ne peut pas être inquiété à cause de son ancienneté (24 ans de service), et de ses soutiens dans la sphère décisionnelle. « Il m’a dit que c’est au pays des Blancs qu’on respecte les droits de l’Homme et non chez nous », a ajouté l’étudiant, visiblement traumatisé.
PLAINTE. Depuis le viol auquel il a été soumis par les policiers du B2, le jeune homme saigne de manière intermittente. Il n’a pas été conduit à l’hôpital pour éviter que les médecins ne fassent un examen et un rapport qui mettrait à mal la Contre-ingérence.
La victime aurait porté l’affaire devant le parquet de la République lorsqu’il a été déféré en même temps que ses compagnons d’études. Mais les magistrats n’auraient pas pris en compte sa dénonciation. Pourquoi ? C’est la question que se pose le jeune étudiant.
Ce dernier a déposé plainte contre le B2 et le capitaine Elingui. Il a fait une lettre de constitution à l’intention de Me Paulette Oyane pour la défense de sa cause. Si la plainte est recevable, des lignes pourraient bouger à la contre-ingérence où le recours est à la torture serait systématique, d’après plusieurs justiciables.
Jonas Moulenda



