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Cette arrestation intervient alors que le Groupe interdisciplinaire d’experts indépendants doit présenter les résultats de son enquête fin juillet, dans un mois.
Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2014, 43 étudiants d’une école normale d’Ayotzinapa, dans l’Etat de Guerrero (sud), avaient disparu à Iguala. Ils avaient tenté d’y « réquisitionner » des bus pour aller manifester à Mexico. Selon la version officielle de l’époque, ils ont été arrêtés par des policiers en collusion avec des trafiquants de drogue du cartel des Guerreros Unidos, qui les auraient pris pour des membres d’une bande rivale et les auraient exécutés. Jusqu’à présent, seuls les restes de trois victimes ont pu être identifiés.
Mais le GIEI, comme les familles des victimes, ont rejeté les conclusions de cette première enquête, dirigée à l’époque par l’ex-procureur général Jesus Murillo Karam, auteur de la version officielle, qui n’attribue aucune responsabilité aux militaires. M. Murillo Karam a depuis été arrêté en août 2022 pour « disparition forcée, torture et obstruction à la justice ».
Des mandats d’arrêt ont été lancés contre 20 responsables de l’armée (et annulés en ensuite), 44 policiers et cinq fonctionnaires pour leur implication présumée dans cette affaire. Un colonel de l’armée de l’époque a été accusé d’avoir ordonné l’assassinat de six des 43 étudiants quelques jours après leur enlèvement. José Rodriguez était commandant du 27e bataillon d’infanterie à Iguala au moment de la disparition des normaliens en 2014. Il aurait été lié au groupe criminel Guerreros Unidos.
Le 22 mars 2023, les autorités mexicaines ont annoncé l’arrestation de neuf policiers de Guerrero suspectés d’avoir participé au crime. En janvier, les États-Unis ont extradé un ancien policier également impliqué.


