
La nuit dernière, des renforts conséquents ont été déployés à Marseille, l’une des agglomérations les plus touchées par les violences, destructions et pillages.
Assise sur un banc du Vieux-Port, Amandine est au téléphone. Comme tous les matins depuis le début des émeutes, elle donne des nouvelles à son entourage. « L’ambiance est bizarre. On a tous peur les uns pour les autres, témoigne-t-elle. Pas forcément parce qu’on a peur qu’il y ait des dégradations ou quoi mais ça peut vite partir en vrille et forcément, on est pas très bien. J’adore ma ville et c’est compliqué de la voir comme ça. »
« Ils leur cassent tout »
Tous les jours depuis 30 ans, Djamila prend un café avec ses amies d’enfance sur le Port. Marseille, c’est toute sa vie. « Quand j’y pense, j’ai mal au cœur, se désole-t-elle. Ils leur cassent tout. Moi, je n’aime pas ça. »
Pour son amie Sonia, comme pour beaucoup de Marseillais, une seule solution afin d’éviter que le week-end de violences ne se prolonge : « L’armée ! répète-t-elle. Et la Légion, elle est à Aubagne, envoyez la légion ! Moi je dis que c’est la seule solution. Les flics, ils n’y arrivent même plus les pauvres. Ils massacrent les flics. Ils massacrent tout. »
Ce dimanche soir, Djamila, Sonia et leur groupe d’amies devaient fêter un anniversaire au restaurant. Elles ont finalement annulé. À l’image du reste du week-end, et par précaution, elles passeront la soirée chacune chez elle.
La préfecture a reconduit l’interdiction de manifester ce dimanche. Les transports seront également fermés comme ces deux derniers jours à compter de la fin d’après-midi.


