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Colombie: la population civile au cœur du nouveau round de négociations avec l’ELN

La guérilla de l’ELN et la Colombie, qui ont entamé lundi dans la capitale vénézuélienne un quatrième cycle de négociations, veulent que le cessez-le-feu entré en vigueur pour six mois permette l’arrivée « d’aide humanitaire » dans les zones touchées par le conflit.

 

« Nous arrivons à ce quatrième cycle, ici à Caracas, à un moment sans précédent, un moment que nous appelons un saut de qualité pour cette table de négociations. Et pourquoi ? Parce que nous sommes d’ores et déjà sur le point de mettre en œuvre un accord de cessez-le-feu bilatéral, qui devrait se terminer en février, et qui dispose d’un organe de surveillance et de vérification très robuste, dirigé par les Nations unies et l’Église colombienne », a assuré Pablo Beltrán, le chef de l’ELN, au micro de Paola Ariza, de RFI en espagnol.

Il s’agit notamment d’améliorer les conditions de vie des populations civiles dans les zones de conflit. « Que ce cycle soit celui des gens, ceux vivant dans les territoires les plus touchés par l’abandon et la violence », a plaidé le négociateur en chef du pouvoir colombien Otty Patino.

« Il est très important que des mesures d’aide puissent être prises pour les communautés qui ont été touchées par ce conflit armé. Je pense que cela devient un objectif humanitaire, un objectif qui ne peut être reporté, impératif (…) afin de diminuer les effets du conflit armé sur toutes les communautés », a souligné la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez, présente à l’ouverture des négociations.

Initié en 2017 à Cuba, le dialogue a été interrompu par le président conservateur Ivan Duque (2018-2022) après un attentat à la voiture piégée en janvier 2019 contre une école de police qui a fait 22 morts. Les négociations ont repris en novembre 2022 dans le cadre du plan de paix global lancé par le nouveau président élu Gustavo Petro.

Lors du dernier cycle de négociations qui s’est tenu à La Havane, les parties sont convenues d’un cessez-le-feu bilatéral pour une période de six mois, entré en vigueur le 3 août.

 

Les pourparlers ont cependant été entachés par une plainte du parquet colombien concernant un projet présumé d’assassinat du chef du ministère public, fomenté par la guérilla. La délégation de l’ELN a nié l’accusation, déclarant qu’il s’agissait d’une tentative de sabotage des négociations.

« Nous aspirons à ce que, avec de la bonne volonté pour s’y conformer et avec la surveillance du mécanisme de vérification, les incidents puissent être évités, et ceux qui arrivent puissent être résolus, afin d’atteindre février avec un cessez-le-feu satisfaisant en Colombie », a réaffirmé lundi Pablo Beltrán.

 

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