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Pakistan: de nombreux domiciles et églises saccagés après les émeutes dans l’est du pays

Des dizaines de familles chrétiennes ont retrouvé leur maison au cours de ces dernières 24 heures dans le quartier chrétien de Jaranwala dans l’est du Pakistan. Les habitants sont toujours sous le choc après les violences qui ont éclaté suite à des accusations de blasphème. Le 16 août des centaines de personnes de confession musulmane avaient déferlé dans les rues de ce quartier chrétien, pillant et mettant le feu à plusieurs églises et des dizaines d’habitations.

Au total, quatre-vingt-sept domiciles de chrétiens et dix-neuf églises ont été vandalisés cette semaine dans cette ville du Pendjab pakistanais, lors d’émeutes liées à des accusations de blasphème, a indiqué la police vendredi 18 août à l’AFP. « Les événements qui se sont déroulés sont tragiques. Une telle violence ne peut jamais être justifiée », a déclaré Usman Anwar, le chef de la police provinciale de l’État du Pendjab, dans l’est du Pakistan.

Une enquête est en cours à l’encontre d’une douzaine de personnes ayant incité, au haut-parleur mercredi, des musulmans à manifester contre des chrétiens accusés de blasphème dans cette ville, a indiqué un haut responsable de la police. Plus de 125 personnes ont été arrêtées en lien avec les actes de vandalisme. « Des photos et des vidéos de pages du Coran brûlées ont été partagées entre habitants, ce qui a provoqué un tollé », avait expliqué les autorités locales. Jusqu’à 5 000 personnes en provenance d’autres quartiers avaient afflué dans le quartier de Jaranwala s’infiltrant dans les ruelles étroites et saccageant des maisons.

Désormais devant l’église du cœur du quartier chrétien de Jaranwala: des cris de rage et de désespoir. Les murs de l’édifice sont carbonisés, les fenêtres, la porte ne sont plus que des trous béants. La croix a disparu, en morceaux, quelque part au milieu des meubles détruits et brulés qui gisent dans la ruelle, rapporte notre correspondante à Islamabad, Sonia Ghezali.

Des habitants chrétiens qui ne se sentent plus en sécurité
Autour de l’église, plusieurs maisons sont carbonisées. Saima, une habitante du quartier, est encore sous le choc. Elle erre dans sa maison, où les cendres sont encore fumantes: « Nous ne sommes plus en sécurité ici. Si nous étions restés dans nos maisons, nos enfants, notre famille, nous aurions tous été brulés comme cette maison, nous ne serions plus que des cendres. Nous avons survécu parce que nous avons pris la fuite. »

Malgré la police déployée autour du quartier, elle a peur, comme son frère Shirzad: « Nous ne nous sentons plus en sécurité au Pakistan. Nous voulons que le gouvernement nous envoie dans un autre pays où nous pourrons vivre sans avoir constamment peur. Le simple bruit d’un oiseau volant au-dessus de nos têtes nous fait sursauter, nous craignons qu’à chaque instant qune foule en colère tente de nous tuer. » Un appel lancé au gouvernement par plusieurs habitants de ce quartier sinistré.

La maison de Shirzad, l’un des habitants du quartier chrétien, a été complètement brûlée lors des émeutes.
La maison de Shirzad, l’un des habitants du quartier chrétien, a été complètement brûlée lors des émeutes. © Sonia Ghezali / RFI
Les chrétiens reprochent à la police de ne pas avoir protégé les biens des habitants. Les chrétiens, qui représentent environ 2% de la population, occupent l’un des échelons les plus bas de la société pakistanaise et sont fréquemment la cible d’allégations de blasphème fallacieuses et infondées.

 

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