Six soldats béninois ont été tués, samedi après-midi, dans une attaque menée par des hommes armés non identifiés dans le parc national du W, une zone située dans le nord du pays, ont rapporté lundi des sources militaires. L’offensive a également coûté la vie à dix-sept assaillants, selon un haut responsable de l’armée ayant requis l’anonymat.
Cette énième attaque affiche visiblement la montée en puissance des violences dans le nord du Bénin, une région frontalière du Burkina Faso et du Niger. Depuis plusieurs années, les autorités attribuent ces actes à des groupes jihadistes affiliés à l’État islamique et à Al-Qaïda, qui étendent leur influence depuis les pays voisins.
Al Qaida et le GSIM, une menace permanente contre l’armée Béninoise
Le nord du Bénin est devenu un théâtre d’affrontements meurtriers. En janvier, 28 soldats béninois ont été tués lors d’une attaque revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), une filiale d’Al-Qaïda. Fin juillet, une autre attaque dans le même parc national avait coûté la vie à cinq gardes forestiers et sept soldats.
Depuis 2021, le gouvernement béninois tente de contenir cette menace croissante. En avril 2023, il reconnaissait l’existence d’une vingtaine d’incursions transfrontalières en provenance du Burkina Faso et du Niger. Une source diplomatique citée par l’AFP indique qu’au moins 121 militaires béninois ont perdu la vie entre 2021 et décembre 2024.
Un soutien accru aux soldats sur le terrain
Face à ces pertes humaines, le ministère béninois de la Défense prévoit de renforcer l’accompagnement des militaires, notamment sur le plan psychologique.
« La santé mentale de nos militaires n’est pas un luxe, c’est une composante essentielle de la sécurité nationale », a déclaré le Colonel-Major Mathias Alizannon, secrétaire général du ministère.
L’Officier supérieur insiste sur la nécessité de mettre en place des ressources adaptées pour permettre aux soldats de continuer leur mission dans les meilleures conditions. « Il est de notre responsabilité collective de leur offrir les moyens de poursuivre leur mission en toute sécurité, tant sur le plan physique que psychologique ».
Une réponse militaire renforcée
Le Bénin ne reste pas inactif face à cette menace sécuritaire. En janvier 2022, les autorités ont déployé près de 3.000 soldats dans le cadre de l’opération Mirador, une initiative visant à sécuriser les frontières du pays. En parallèle, 5.000 nouveaux soldats ont été recrutés pour renforcer la présence militaire dans le nord du territoire.
Si le gouvernement béninois communique rarement sur ces attaques, cette nouvelle offensive souligne l’urgence de renforcer les stratégies de défense et de soutien aux forces armées. Dans un contexte où la menace jihadiste s’intensifie, la sécurisation du nord du pays reste un défi majeur pour l’État béninois.



