05142026Headline:

Vincent Bolloré et sa firme encore face à la justice française/ 11 ONG de 6 pays ont porté plainte

Pour affaire de Corruption et blanchiment en Afrique, Vincent Bolloré et sa firme se retrouvent encore face aux arcanes de la justice française. Le collectif Restitution pour l’Afrique (RAF), regroupant 11 ONG de six pays (Togo, Guinée, Cameroun, Ghana, Côte d’Ivoire, RDC et France), a déposé plainte, hier 18 mars 2025, contre Vincent Bolloré, son groupe et son fils Cyrille devant le parquet national financier (PNF) à Paris.
Plusieurs chefs d’accusations dont recel et blanchiment d’argent liés à l’obtention « illégale » de concessions portuaires en Afrique de l’Ouest à Abidjan, Lomé, Yaoundé, Conakry Kinshasa, Accra et Paris. Les plaignants réclament la restitution d’une cagnotte de 5,7 milliards d’euros, issus de la vente en 2022 de la filiale Bolloré Africa Logistics à l’armateur MSC.
Ports stratégiques et « relations étroites » avec les dirigeants
Le groupe Bolloré détient ou a détenu la gestion de 15 ports clés en Afrique de l’Ouest, dont ceux de Lomé (Togo) et Abidjan (Côte d’Ivoire). La plainte dénonce des accords obtenus via des liens privilégiés avec des chefs d’État, comme Faure Gnassingbé (Togo) ou Alpha Condé (Guinée). « Le succès de Bolloré repose sur des stratégies d’influence et des échanges de services avec les élites », affirme le RAF, tout en citant des enquêtes médiatiques, dont un article du New York Times (2018). Ces concessions, souvent attribuées sans appel d’offres, auraient généré jusqu’à 80 % des profits du groupe.

« Le succès de Bolloré repose sur des stratégies d’influence et des échanges de services avec les élites », affirme le RAF, tout en citant des enquêtes médiatiques, dont un article du New York Times (2018).
En 2021, Bolloré avait conclu une Convention judiciaire d’intérêt public (CJIP), payant 12 millions d’euros pour solder des accusations de corruption au Togo. Mais aujourd’hui, Vincent Bolloré risque un procès pénal pour corruption active, après une requête du PNF en juin 2024. La nouvelle plainte vise à créer un précédent juridique via la loi française de 2021 sur le développement solidaire, permettant la restitution des « biens mal acquis inversés » aux populations lésées.

5,7 milliards d’euros : L’enjeu de la plainte
Les ONG ciblent particulièrement la vente de Bolloré Africa Logistics à MSC en 2022. Elles y voient un blanchiment de fonds issus d’activités « illicites ». « Ces milliards doivent revenir aux nations africaines spoliées », exige Jean-Jacques Lumumba, porte-parole du RAF. La plainte invoque la loi de 2021 pour réclamer un mécanisme de redistribution transparente, une première contre une multinationale française.

Le PNF en diligentant une enquête, Bolloré pourrait faire face à un procès public, exposant ses pratiques en Afrique. « C’est une lutte pour la justice économique. Les populations doivent récupérer ce qui leur a été volé », insiste un membre d’une des ONG plaignantes. Le groupe Bolloré, lui, conteste fermement ces accusations, rappelant ses investissements « légaux » sur le continent.

 

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