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Côte d’Ivoire : Le lavage des mains, un geste qui sauve des vies !

INHP de Treichville intensifie sa guerre contre les maladies alimentaires à l’occasion de la Journée mondiale de l’hygiène des mains, l’Institut National d’Hygiène Publique (INHP) prévue ce 5 mai 2025. Placée sous le thème « Des mains propres pour une alimentation saine et une santé optimale », cette énième célébration vise à réduire les Maladies d’Origine Alimentaire (MOA) en Côte d’Ivoire, où près de 30 % des décès liés aux infections alimentaires en Afrique sont recensés.

« Les mains sales sont un vecteur majeur de contaminations, des vers intestinaux aux épidémies mortelles. Agir sur l’hygiène, c’est sauver des vies », alerte le Service nutrition et hygiène alimentaire de l’INHP. Ce va-en-guerre sera circoncis cette année autour d’activités d’IEC-CC (informer, éduquer et communiquer pour le changement de comportement) à travers le pays.

Des chiffres sur l’hygiène des mains
Les données sont sans appel. 91 millions de cas de maladies alimentaires sont recensés chaque année en Afrique, avec 137 000 décès (OMS, 2015). En Côte d’Ivoire, seulement 25 % des ménages disposent d’un dispositif de lavage des mains fonctionnel (PNEHA, 2022). Les Toxi-Infections Alimentaires Collectives (TIAC) ont explosé : 29 décès en 2023 contre 8 en 2021.

Ces chiffres montrent une crise silencieuse. Une personne sur dix tombe malade après avoir mangé, souvent à cause d’une hygiène défaillante. Cantines, marchés, restaurants sont de véritables foyers à risques. Les lieux de restauration collective sont en première ligne. Les cantines scolaires, marchés et restaurants sont pointés du doigt pour leurs pratiques souvent laxistes.
« La manipulation des aliments sans lavage des mains provoque des épidémies. En 2022, 348 cas de TIAC ont été signalés », détaille un rapport du Programme National Eau, Hygiène et Assainissement (PNEHA). L’OMS estime que 600 millions de personnes sont touchées annuellement dans le monde par des maladies alimentaires, dont 420 000 décès. En Afrique, le manque d’accès à l’eau et au savon aggrave la situation.

Sensibilisation à Treichville : Le mode d’emploi
L’événement de l’INHP cible les professionnels de la restauration, les parents, et les acteurs de santé. Au programme : Ateliers pratiques sur le lavage des mains (durée, techniques). – Démonstrations des risques de contamination croisée. – Témoignages de survivants de TIAC et de médecins. L’objectif est de faire de l’hygiène un réflexe, surtout dans les cuisines. Une main propre peut briser la chaîne de transmission.

Si le message est clair – « Lavage des mains = réduction des risques » –, les obstacles persistent. Seul un quart des Ivoiriens ont accès à un point d’eau et de savon à domicile. Dans les zones rurales, ce taux chute à 10 %, selon la Banque mondiale. Comment parler d’hygiène quand on manque d’eau courante ? Il faut des solutions adaptées, comme les kits portatifs. L’INHP promet de distribuer 5 000 kits (savon, gel hydroalcoolique) lors de l’événement.

TIAC : Pourquoi la Côte d’Ivoire voit rouge
La recrudescence des TIAC inquiète : 2021 : 75 cas (8 décès). 2022 : 348 cas (7 décès). 2023 : 196 cas (29 décès). Cette hausse des décès en 2023 s’explique par des souches bactériennes plus résistantes et un accès limité aux soins. Les enfants et personnes âgées sont les plus touchés.

Avec 30 % du fardeau mondial des maladies alimentaires, l’Afrique paie un lourd tribut. Pourtant, les moyens manquent. Les pays riches investissent dans la sécurité alimentaire, nous luttons pour avoir du savon.
La FAO et l’OMS appellent à un fonds d’urgence régional, tandis que l’INHP mise sur la prévention : Un geste simple comme le lavage des mains peut réduire les décès de 50 %. L’événement de Treichville n’est qu’un début. Alors que la Côte d’Ivoire se bat contre les TIAC et les vers intestinaux, l’éducation reste la clé. Chaque citoyen doit devenir un ambassadeur de l’hygiène. C’est une question de survie.

 

 

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