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Donald Trump en Arabie saoudite et au Qatar : La Maison Blanche multiplie ses intérêts économiques au Moyen-Orient

Ce mardi 13 mai, Donald Trump entame une tournée au Moyen-Orient, avec l’Arabie saoudite comme première étape. Une visite symbolique pour du président américain, dont les liens avec Riyad mêlent stratégie géopolitique, intérêts économiques et affaires personnels. Huit ans après sa première visite officielle dans le royaume, les fondements de cette relation restent inchangés : des contrats juteux contre un soutien politique sans faille.

Dès 2017, Trump avait choisi l’Arabie saoudite pour son premier voyage présidentiel à l’étranger, scellant une alliance avec le prince Mohammed ben Salman (MBS). En échange de contrats d’armement pharaoniques (plusieurs dizaines de milliards de dollars), Washington avait alors fermé les yeux sur des dossiers sensibles, comme l’assassinat du journaliste Jamal Khashoggi.

Des enjeux économiques… et familiaux
Aujourd’hui, la dynamique perdure. Riyad promet des investissements de 600 à 1 000 milliards de dollars dans des secteurs clés : intelligence artificielle, semi-conducteurs, infrastructures. En parallèle, les États-Unis soutiennent les ambitions saoudiennes en matière de nucléaire civil, un dossier délicat qui pourrait redessiner les équilibres régionaux. Si les accords d’État à État captent l’attention, les intérêts privés de Trump ne sont pas en reste. La Trump Organization prospère dans le Golfe :

Un gratte-ciel d’un milliard de dollars prévu à Dubai, avec des appartements vendus en cryptomonnaies. Un projet de golf et de résidences de luxe au Qatar. Une tour à Jeddah (Arabie saoudite) et un complexe immobilier à 4 milliards de dollars à Oman.
Eric Trump, fils du président, s’active aussi dans la région. Fin avril, il promouvait à Dubai sa cryptomonnaie USD One, tandis que le fonds émirien MGX annonçait son utilisation pour investir 2 milliards de dollars sur la plateforme Binance. Malgré les dénégations de la Maison Blanche (« Aucun conflit d’intérêts », assure la porte-parole Karoline Leavitt), ces projets alimentent les critiques sur les liens troubles entre pouvoir et affaires.

Géopolitique : L’Iran, Gaza et l’ombre des Accords d’Abraham
Au-delà de l’aspect économique, cette tournée vise à consolider l’influence américaine dans une région en ébullition. Plusieurs dossiers brûlants sont sur la table : L’Iran : Les négociations sur le nucléaire iranien et la rivalité avec Riyad dominent les discussions. Gaza : Trump promet des « grandes annonces », peut-être liées à un nouveau cessez-le-feu ou à une relance de l’aide humanitaire, bloquée depuis deux mois.

Normalisation avec Israël : Les Accords d’Abraham (2020), pierre angulaire de la diplomatie trumpiste, pourraient s’étendre. La présence à Riyad des présidents palestinien Mahmoud Abbas, syrien Ahmad Ashara et libanais Joseph Aoun alimente les spéculations.
Pour Xavier Guignard, chercheur à Noria, cette visite s’inscrit dans un « moment d’activisme diplomatique intense ». Il évoque des pourparlers secrets entre Washington et le Hamas pour une trêve de 90 jours, ainsi qu’une possible pression sur Israël pour apaiser les tensions.

Enfin, la question palestinienne demeure une épine dans le pied de cette stratégie. Sans avancée crédible sur Gaza, les annonces de Trump risquent de passer pour des coups d’épée dans l’eau, sapant la crédibilité américaine dans une région où chaque mot pèse. Pour Donald Trump, cette tournée incarne une diplomatie transactionnelle, où intérêts nationaux et personnels se confondent.

 

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