TotalEnergies vient de conclure un accord managérial avec Shell. Le groupe français a en effet annoncé, la vente de sa participation de 12,5 % dans le contrat de partage de production (PSC) du bail pétrolier OML 118, situé en offshore profond. Ce bloc comprend notamment le champ de Bonga, le tout premier gisement pétrolier développé dans les eaux profondes nigérianes.
La transaction rapportera 510 millions de dollars à TotalEnergies, selon un communiqué publié par la multinationale. Pour le groupe, cette cession va permettre de réorienter son portefeuille d’actifs afin de mieux se recentrer sur les projets à plus forte rentabilité.
Un repositionnement vers des actifs à faible coût et faible impact carbone
Pour TotalEnergies, cette décision fait partie d’une stratégie plus large d’optimisation. Nicolas Terraz, président de l’exploration et de la production au sein de l’entreprise, explique que le groupe cherche désormais à se concentrer sur des actifs « offrant des coûts techniques bas, de faibles émissions et un seuil de rentabilité inférieur ». Il précise également que l’entreprise met désormais l’accent sur ses projets gaziers et pétroliers offshore qu’elle opère directement, notamment dans le cadre du développement du projet Ubeta.
Une fois la transaction finalisée ce qui est prévu avant la fin de l’année la participation de sa filiale nigériane SNEPCo (Shell Nigeria Exploration and Production Company) dans le PSC du bloc OML 118 passera de 55 % à 67,5 %. Le consortium opérant sur OML 118 est composé, outre Shell, d’Esso Exploration and Production Nigeria (20 %), Nigerian Agip Exploration (12,5 %) et, jusqu’à cette vente, de TotalEnergies EP Nigeria (12,5 %). Shell devient ainsi l’acteur largement dominant du champ de Bonga.
Ce dernier est conçu pour renforcer l’approvisionnement en gaz de Nigeria LNG, l’un des piliers de l’industrie gazière du pays. Du côté de Shell, l’acquisition de cette part de 12,5 % représente une consolidation significative. Situé à environ 120 kilomètres au sud du delta du Niger, le bloc OML 118 est l’un des plus importants pour le Nigeria. Le champ de Bonga, qui s’y trouve, a fait ses beaux temps dans le développement du pétrole offshore profond dans le pays.
Le champ continue de jouer un rôle déterminant dans la production nationale, assuré à 85 % par les quatre géants que sont TotalEnergies, Shell, ExxonMobil et Chevron. Cette vente ne remet pas en cause la présence de TotalEnergies dans le pays. Le groupe reste un acteur clé de la production pétrolière et gazière au Nigeria, mais opère désormais un recentrage stratégique vers des projets qu’il contrôle directement et qui correspond mieux à ses nouvelles exigences environnementales et économiques.
Une tendance globale à l’optimisation des portefeuilles
La transaction illustre une tendance plus large dans l’industrie pétrolière : les grandes multinationales réévaluent leurs portefeuilles à l’aune de la transition énergétique, des coûts de production et des critères ESG (environnement, social et gouvernance). En cédant des actifs non retenus dans des environnements complexes, elles cherchent à améliorer la rentabilité globale de leurs activités, tout en répondant aux pressions croissantes pour une réduction des émissions de gaz à effet de serre.



