Le Syndicat Autonome pour Garantir l’Épanouissement des Chercheurs et Enseignants-Chercheurs (SAGEC) a lancé, le mardi 10 juin 2025, une grève nationale de 72 heures dans l’enseignement supérieur, réclamant de meilleures conditions de vie et de travail pour ses membres
Le Syndicat Autonome pour Garantir l’Épanouissement des Chercheurs et Enseignants-Chercheurs (SAGEC) a entamé, le mardi 10 juin 2025, une grève nationale de 72 heures dans les établissements d’enseignement supérieur publics ivoiriens.
Objectif : exiger de meilleures conditions de vie et de travail pour ses membres, notamment une reconnaissance statutaire et des mesures d’accompagnement adaptées à leurs responsabilités.
Campus 1, épicentre de la mobilisation
À l’Université Alassane Ouattara (UAO) de Bouaké, la grève est fortement suivie. Sur le campus 1, épicentre de la mobilisation, les cours et les compositions de fin de session ont été suspendus, selon une source sur place. Une situation qui suscite de vives inquiétudes chez les étudiants, à l’approche des congés académiques. Sur le campus 2 en revanche, les activités pédagogiques se poursuivaient encore dans la matinée, bien que certains enseignants aient commencé à se retirer progressivement.
Interrogé sur le déroulement de la grève, le secrétaire général national du SAGEC, Dr Koba Louis Marius, a confirmé l’effectivité du mot d’ordre à Bouaké, mais aussi dans plusieurs autres universités publiques du pays. « Nous avons lancé une mobilisation pacifique, mais déterminée. Un premier bilan de la participation sera établi dans la soirée », a-t-il indiqué.
Le syndicat fustige l’immobilisme du gouvernement face à des revendications qualifiées de “légitimes et urgentes”. Parmi celles-ci figurent la création d’un statut particulier pour l’enseignement supérieur, la délivrance de passeports diplomatiques à tous les enseignants-chercheurs afin de faciliter leur participation à des conférences et projets internationaux, la réforme transparente du système de promotion, et une revalorisation significative de la prime de recherche.
Le SAGEC réclame également une relecture de la grille salariale pour mieux refléter les charges des enseignants-chercheurs, ainsi que la mise en place d’une allocation annuelle de 2 millions de FCFA pour soutenir la recherche scientifique.
Absence de dialogue avec le ministère
Le Dr Koba a par ailleurs souligné l’absence de dialogue avec le ministère de tutelle, malgré plusieurs courriers adressés au ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. « Jusqu’à présent, nos requêtes sont restées lettres mortes. Le silence du ministère est perçu comme un mépris pour notre profession », a-t-il dénoncé.
La décision de lancer cette grève trouve son origine dans l’assemblée générale ordinaire du SAGEC, tenue le 21 mai dernier sur le campus 1 de l’UAO. Lors de cette rencontre, les membres avaient unanimement approuvé le principe d’un arrêt de travail national si aucun signal positif n’était donné par les autorités avant la mi-juin.
Cette grève de 72 heures pourrait être reconduite si les revendications ne trouvent pas d’écho favorable
Prévue pour s’achever le jeudi 13 juin 2025, cette grève de 72 heures pourrait être reconduite si les revendications ne trouvent pas d’écho favorable. En attendant, les cours sont suspendus et la mobilisation se poursuit dans un climat de fermeté.
Les regards restent tournés vers le gouvernement, désormais interpellé à réagir sans délai pour éviter une paralysie prolongée du système universitaire ivoirien.



