Depuis le 7 octobre 2023, au moins 100 000 Gazaouis, peut-être le double, ont trouvé refuge en Égypte, après avoir fui la guerre. Mais pour beaucoup, l’exil ne rime pas avec répit : la plupart, sans permis de séjour, vivent dans la précarité. Dépassée par l’ampleur de la crise, l’ambassade de l’Autorité palestinienne au Caire peine à leur apporter un véritable soutien.
Amir Toroq, journaliste palestinien de 38 ans, a quitté Gaza six mois après le début de la guerre. Depuis plus d’un an en Égypte, il raconte le quotidien difficile des réfugiés palestiniens dans le pays voisin : « Il n’y a ni travail, ni stabilité financière. Chacun survit dans l’incertitude la plus totale. »
Missionné par l’ambassade palestinienne au Caire pour évaluer les besoins des réfugiés, il témoigne de ce qu’il a observé : « Les conditions de vie sont déplorables. C’est un fardeau supplémentaire pour l’Autorité palestinienne de Ramallah. Il y a un nombre important de personnes qui sont sorties sans argent, sans biens. Cela représente un budget énorme. Un budget que l’Autorité ne peut pas couvrir. Imaginez que votre propre gouvernement ne puisse pas vous aider, à cause aussi de la domination d’Israël sur son budget. Les gens ont été blessés à Gaza, et continuent de l’être en exil. »
Pour ces dizaines de milliers de Palestiniens, l’avenir semble suspendu : « Le mot avenir n’existe plus. Tu n’y penses pas, parce que pour toi tout est flou, inconnu. Il n’y a pas de plan. Tu vis au jour le jour. »
La frontière entre les deux pays est complètement fermée depuis le 7 mai 2024.



