
Tandis que les bombardements israéliens continuent de s’intensifier, cette désignation éventuelle pourrait ouvrir la voie à une sortie de crise politique, entre exigences israéliennes, américaines et arabes.
Samir Hulileh, un profil accepté par Israël et Washington
Samir Hulileh suscite l’attention comme un candidat possible pour administrer Gaza après la guerre. Ancien cadre de l’Autorité palestinienne, il a été secrétaire général du gouvernement en 2005 et ministre adjoint à l’Économie et au Commerce, il est également un homme d’affaires influent proche de Bashar al-Masri, milliardaire américano-palestinien en relations étroites avec l’ancien président américain Donald Trump. Médias israéliens comme Yediot Aharonot évoquent un consensus croissant autour de ce profil qui serait toléré à la fois par Tel-Aviv et Washington, tous deux opposés au maintien du Hamas à la tête de Gaza. En parallèle, Ramallah rejette toute reprise directe du pouvoir sur l’enclave, insistant que le seul administrateur légitime reste l’État de Palestine.
Samir Hulileh a, quant à lui, annoncé qu’il n’accepterait la fonction qu’avec une approbation de Ramallah, qui semble pour l’instant peu encline à valider ce scénario. Cette dynamique s’inscrit dans un contexte diplomatique complexe : Israël attend un soutien financier arabe pour la reconstruction, mais aussi, potentiellement, une contribution militaire au sol. Les pays du Golfe, l’Égypte et l’Arabie saoudite, sollicités pour cela, pourraient influencer la position de Ramallah afin de valider ce nom et favoriser un plan qui, jusqu’ici, demeure une piste encore floue.
Les contours d’un accord nécessaire
Une proposition égyptienne évoque une trêve de 60 jours assortie de la mise en place d’un comité technocratique, qui assurerait la gouvernance transitoire de Gaza, avec une renonciation du Hamas à son rôle politique. Samir Hulileh, interrogé par un média émirati, a avancé que cette période de transition pourrait durer entre six et douze mois. Cette option reste conditionnée par un cessez-le-feu effectif, un préalable indispensable aux négociations d’après-guerre. La conférence des Nations unies tenue à New York, coorganisée par la France et l’Arabie saoudite, a renforcé les exigences : le désarmement du Hamas est désormais une ligne rouge pour la communauté internationale, soutenue par les États occidentaux et la Ligue arabe, a fortiori depuis que Paris a annoncé la reconnaissance prochaine de l’État palestinien.
La France a réitéré sa volonté d’une mission de stabilisation sous mandat de l’ONU capable d’assurer la sécurité de la bande de Gaza. Pourtant, ces propositions butent pour l’heure sur l’opposition du Hamas, qui refuse de déposer les armes tant que la création effective d’un État palestinien n’est pas garantie.
Pendant ce temps, des efforts parallèles se déroulent en coulisses, avec des pourparlers américano-qataris visant à élaborer un plan global de sortie de crise. Un deal pourrait être dévoilé prochainement, avec au cœur la question de la nomination d’un gouverneur pour superviser la reconstruction et la gestion administrative de Gaza après le conflit. Parmi les conditions évoquées figurent un cessez-le-feu permanent, des accords clairs sur les frontières et zones tampons, ainsi qu’un financement assuré par les États du Golfe. Un équilibre délicat à trouver, alors que la situation sur le terrain demeure explosive.
Une situation militaire et politique labyrinthe
Alors que la communauté internationale mobilise ses efforts diplomatiques, la guerre à Gaza s’intensifie. Israël a annoncé un plan pour occuper la ville de Gaza, provoquant une montée des violences. Plus de 500 anciens pilotes de l’armée de l’air israélienne ont manifesté récemment devant le siège militaire à Tel-Aviv, dans ce qui a été qualifié de plus grand rassemblement de ce type jamais vu dans le pays.
Le syndicat principal, Histadrout, a refusé de soutenir la grève générale prévue, ce qui illustre les tensions internes au sein de la société israélienne. Par ailleurs, des discussions entre Israël et plusieurs pays africains, comme le Soudan du Sud, ont fait surface autour d’un éventuel relogement de populations gazouies, une décision contestée et niée officiellement par ces États. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a démenti toute intention de nettoyage ethnique, insistant sur le respect des droits humains malgré les opérations militaires.


