À un mois de la présidentielle ivoirienne, Pascal Affi N’Guessan a demandé aux Nations unies d’intervenir pour stopper un processus électoral qu’il juge dangereux et porteur de graves tensions.
Le président du FPI, Pascal Affi N’Guessan, a reçu, samedi 20 septembre 2025, à Abidjan, Leonardo Santos Simão, représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, dans le cadre des préparatifs de l’élection présidentielle du 25 octobre.
L’audience, tenue au siège du parti à Cocody Deux-Plateaux Vallons, intervient alors que la candidature d’Affi a été rejetée par le Conseil constitutionnel le 8 septembre pour défaut de parrainages. Sur 60 dossiers déposés, seuls cinq ont été validés, dont celui du président sortant Alassane Ouattara, en lice pour un 4ème mandat. À la suite de cette décision, le chef du FPI a dénoncé des erreurs du Conseil constitutionnel, exigé la reprise du processus électoral, tout en jugeant la candidature du chef de l’État « inconstitutionnelle et immorale ».
« Il faut aller plus loin »
À l’issue de son entretien le samedi 20 Septembre 2025 avec M. Simão, Affi N’Guessan a salué la mission onusienne tout en alertant sur les risques d’une crise comparable, voire plus grave, à celle de 2010-2011.
« Nous sommes totalement d’accord avec le représentant spécial sur la nécessité d’utiliser toutes les voies légales pour que le processus électoral en cours ne débouche pas sur des conflits graves comme celui que nous avons connu en 2010-2011 », a-t-il déclaré devant la presse.
Selon lui, la situation actuelle « est devenue plus dangereuse » et menace la sécurité sous-régionale. Il a appelé les Nations unies à « s’engager plus en avant » en portant la question ivoirienne devant le Conseil de sécurité afin qu’une résolution soit adoptée pour « stopper le processus électoral actuel » et ouvrir un « dialogue inclusif » entre acteurs politiques et sociaux. L’objectif, a-t-il insisté, est de garantir des élections « inclusives, transparentes, apaisées » et de préserver les acquis économiques du pays.
« Nous considérons que la mission des Nations Unies ne doit pas s’arrêter à sa mission, il faut que les Nations Unies aillent plus loin et c’est le message que nous avons partagé avec le représentant spécial », a insisté l’ancien Premier ministre face à Leonardo Santos Simão.
Tensions
En Côte d’Ivoire, les tensions politiques se sont accentuées après la validation par le Conseil constitutionnel d’un 4ème mandat pour Alassane Ouattara et l’exclusion des candidats issus des deux principaux partis d’opposition.
Depuis le 18 septembre, Leonardo Santos Simão, représentant spécial du secrétaire général de l’ONU pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel, mène une série de consultations avec les leaders politiques ivoiriens.
Déjà présent en avril pour deux jours de rencontres, il avait échangé avec la CAP-CI, le PPA-CI de Laurent Gbagbo et le PDCI de Tidjane Thiam.
Reçu le jeudi par Alassane Ouattara, il a ensuite rencontré Pascal Affi N’Guessan, ainsi que Laurent et Simone Gbagbo, le même samedi 20 Septembre 2025. À l’issue de sa mission, il pourrait faire une déclaration.



