A Cuba, ils avaient manifesté par centaines en mars 2024 dans plusieurs villes du pays. Et ceci après une semaine marquée par d’intenses coupures de courant allant jusqu’à treize heures par jour. Ce vendredi 19 septembre, la Cour suprême de Cuba a indiqué que quinze d’entre eux ont été jugés à Bayamo et ont écopé de peines allant jusqu’à neuf ans de prison. Des manifestations de mécontentement de plus en plus nombreuses sur l’île où coupures de courant et pénuries alimentaires font partie du quotidien.
Chaque jour, les Cubains connaissent des coupures programmées. Des délestages d’une durée de quinze heures par jour en moyenne au mois d’août 2025. En moins de trois ans, Cuba a connu six pannes généralisées. Le système électrique cubain est vétuste : la plupart des huit centrales électriques que comptent le pays ont été construites dans les années 80 et 90.
Quand elles ne tombent pas en panne, ce sont les opérations de maintenance qui met à l’arrêt la production. La faute à l’embargo des États-Unis qui empêche de faire les réparations nécessaires, fustigent les autorités cubaines.
Le carnet de rationnement ne suffit pas
Et quand ils s’agit d’aller faire les courses, la situation n’est pas meilleure pour les Cubains. La libreta, le carnet de rationnement ne suffit pas. Les prix des denrées sur les marchés – quand elles sont disponibles – se sont envolés. Même le sucre, historiquement produit sur l’île, est désormais importé. Au total, 70% des produits consommés sur l’île sont aujourd’hui importés.
Une inflation également nourrie par les restrictions des transactions financières imposées par Washington. Réforme financière, crise de liquidités, système productif déliquescent, guerre en Ukraine, sont autant de facteurs qui aggravent la crise économique du pays.
Le tourisme en berne
Le tourisme a longtemps été un moteur pour l’économie de l’île. L’État a beaucoup investi ces dernières années dans les hôtels, mais le secteur est en berne depuis la crise du Covid-19. En 2024, Cuba a attiré seulement 2,2 millions de visiteurs, soit 10% de moins que l’année précédente.



