05032026Headline:

États-Unis: avec l’assassinat de Charlie Kirk, Trump accentue un peu plus la pression sur ses opposants


Le président Donald Trump assistera à une cérémonie d’hommage à Charlie Kirk organisée dans un stade en banlieue de Phoenix, en Arizona où se trouve le siège de l’organisation conservatrice de défense des droits de l’influenceur, Turning Point USA. L’assassinat de Charlie Kirk continue de diviser profondément, diviser l’Amérique. Il y a quelques jours, l’animateur Jimmy Kimmel s’est fait suspendre son émission dans une énième tentative de Trump de museler ses opposants.
Lutter contre la violence politique et les « discours de haine » de la gauche radicale, c’est l’obsession des Trumpistes depuis l’assassinat de Charlie Kirk. Selon le New York Times, un décret en ce sens est en cours de rédaction et pourrait être publié dès cette semaine.

D’autres mesures similaires ont commencé à être mise en place depuis quelques jours par l’administration : la révocation des visas pour les personnes qui se sont réjouies de la mort de de Charlie Kirk ou encore des sanctions pour les entreprises qui ont refusé d’imprimer des affiches commémoratives du militant d’extrême droite.

Donald Trump prend des mesures agressives pour cibler ses adversaires. Une politique qu’il mène depuis son premier mandat, mais qui s’accentue depuis son retour à la Maison Blanche. L’affaiblissement des contre-pouvoirs, comme celui des médias ou de la justice, laisse le champ presque libre au président pour poursuivre et intimider celles et ceux qui soutiennent ouvertement la gauche ou qui, selon lui, lui font mauvaise presse.

Une guerre contre le premier amendement
Jeudi, plusieurs responsables démocrates de haut rang ont accusé Donald Trump de « faire la guerre contre le premier amendement » après l’arrêt par la chaîne de télévision ABC de l’émission de Jimmy Kimmel, un humoriste qui avait accusé la droite d’exploiter politiquement ce meurtre. La décision est tombée peu après que Brendan Carr, le patron de l’autorité de régulation de l’audiovisuel, a publiquement critiqué Jimmy Kimmel et menacé ses diffuseurs.

La grande association de défense des libertés publiques ACLU a reproché au gouvernement Trump de faire « pire que le maccarthysme », mouvement de répression anticommuniste né après la Seconde Guerre mondiale et devant son nom au sénateur républicain Joseph McCarthy.

« Cette “guerre” entre Donald Trump et les médias était jusqu’ici parfaitement factice dans la mesure où les coups de semonce et les attaques de Trump envers les médias, que ce soit le retrait des licences de diffusion ou les procès, étaient finalement dérisoires et non suivies d’effets. Là, on voit durant son second mandat que cette guerre n’est plus du tout une illusion. Donc, on a une litanie de procès qui sont intentés aux médias qui ne sont pas pro-Trump. Et à côté, on a aussi des menaces permanentes sur le droit à émettre des chaînes qui ne sont pas des organes pro-Trump, analyse Alexis Pichard, chercheur à l’université Paris Nanterre et auteur de Trump et les médias, l’illusion d’une guerre.

Menace économique
« On a enfin une troisième arme qui est déployée, c’est celle de la menace économique. Donald Trump a essayé justement de torpiller certaines fusions acquisitions ultra-importantes pour ces groupes, ou en tout cas de les conditionner à un soutien plus ferme vis-à-vis de sa politique. Et ça, c’est vrai que ça pose une vraie interrogation sur la liberté de la presse et la garantie du premier amendement aux États-Unis », conclue le chercheur.

La suspension de l’animateur Jimmy Kimmel s’inscrit ainsi dans une série de concessions des grands médias, soumis à une forte pression du gouvernement Trump, pour préserver leurs intérêts économiques, quitte à reléguer la liberté d’expression au second plan. Avant le retrait de la grille du talk-show « Jimmy Kimmel Live! », annoncée mercredi par la chaîne ABC, pour des commentaires jugés déplacés après l’assassinat de l’influenceur ultraconservateur Charlie Kirk, CBS avait annoncé, en juillet, la suppression de l’émission concurrente, « The Late Show » de Stephen Colbert.

Celui-ci avait qualifié de « bon gros pot-de-vin » l’indemnité de 16 millions de dollars versée par Paramount Global, maison mère de CBS, pour solder une procédure intentée par Donald Trump. En décembre, ABC, déjà, avait accepté de régler un autre contentieux qu’il avait aussi initié, en déboursant 15 millions de dollars.

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