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Mali: Le JNIM vend le carburant à 2.000 F/L et agit en Alliance des terroristes du Sahel

Au Mali, comment le JNIM impose t-il son économie de guerre par les armes et la pénurie en denrées de première nécessité ? Du carburant à 2 000 FCFA le litre, attaques et prises d’otages, le groupe djihadiste durcit son prise depuis le mois d’août. Après plusieurs jours de blocage, la guerre contre les infrastructures économiques est entrée dans une phase active.
Des dizaines de citernes de carburants détournées se retrouvent sur le marché noir où des éléments du GAT (groupe armé terroriste) écoulent à un prix flambé. Le groupe monte les surenchères en faisant la simulation d’une confédération terroriste dans le Sahel . De façon croisée, les djihadistes semblent effectivement en train d’appliquer au sol une espèce d’alliance des pays du Sahel.

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L’embargo du JNIM sur la route suivie d’escorte et de détournement de citernes chargées d’hydrocarbures, creuse l’économie malienne, monotone depuis la chute du président IBK. Une méthode pour saper les acquis et créer de la stupeur sur les infrastructures économiques. Du carburantné et revendu à vil prix sur le marché noir, attaques sur les axes routiers, malgré tout, l’ es FAMa rassurent les détours opérateurs économiques. La semaine dernière a été particulièrement bouleversante pour l’opinion publique malienne en raison de plusieurs actes terroristes ( attaques, incendies de véhicules de transport et de citernes ) toujours filmés et diffusés sur les réseaux sociaux pour accentuer la peur des populations et des usagers des grands axes routiers.

« Ce n’est pas facile de faire face à un ennemi qui agit de façon invisible et imprévisible . »
Dans un entretien exclusif accordé à la télévision nationale, le sous-chef des opérations à l’état-major général des armées, le général Makan Alassane Diarra, a réaffirmé le mardi 16 septembre, l’engagement et la détermination des Forces armées maliennes (FAMa) à éradiquer cette nouvelle forme de violence qui cible particulièrement les opérateurs économiques. Tout en regrettant les pertes importantes enregistrées sur l’axe Bamako-Kayes, notamment lors des attaques contre les convois escortés, la hiérarchie militaire a indiqué des dispositions idoines ont été prises pour permettre aux opérateurs économiques de poursuivre leurs activités en toute sécurité sur l’ensemble du territoire.

« Nous pouvons rassurer la population et tous les opérateurs économiques que les FAMa sont actuellement en train de sécuriser tous les axes routiers. Les mesures sont déjà prises pour assurer la sécurité au niveau de tous les tronçons », a déclaré le sous-chef des opérations à l’État-major général des armées. Il a toutefois rappelé le caractère asymétrique du terrorisme, qui rend la tâche complexe : « Ce n’est pas facile de faire face à un ennemi qui agit de façon invisible et imprévisible . » Le Général Diarra a enfin souligné que les leçons seront tirées de ces incidents afin d’améliorer en permanence les dispositifs de sécurisation et de mieux répondre aux sollicitations futures.

Le carburant, nouvelle arme de guerre
La stratégie du JNIM change de visage. Après les armes, le groupe djihadiste utilise désormais l’économie comme arme de guerre. Le litre de carburant, normalement à 775 FCFA, se vend désormais jusqu’à 2 000 FCFA sur les marchés noirs tenus par les terroristes. Une situation qui asphyxie progressivement le pays. La méthode est simple mais redoutable. Le JNIM bloque les routes commerciales, attaque les citernes de carburant et revend le précieux liquide à prix d’or aux populations prisonnières de ce blocus.

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Les images de citernes en flammes sur l’axe Narena-Bamako illustrent l’efficacité de cette tactique. À Bamako, la pénurie commence à se faire sentir. Certaines stations-service affichent des prix dépassant les 3 000 FCFA le litre. Face à cette flambée, le gouvernement a décidé de fermer les stations accusées de spéculation. Mais la mesure semble insuffisante pour endiguer une crise soigneusement orchestrée.

La violence du JNIM ne se limite pas au blocus économique. Mercredi (01 octobre), une embuscade sur la route Bamako-Ségou a coûté la vie à l’épouse du président du tribunal administratif de Mopti. Le juge lui-même a été blessé par balle. Plusieurs autres passagers ont été touchés dans cette attaque qui montre l’audace grandissante du groupe. Dans le centre du Mali, à Bénéna, les djihadistes circulent désormais librement. Les habitants, résignés, les laissent passer. « Le village n’a pas de miliciens dozo en faction, donc les djihadistes ne s’attaquent pas aux habitants », explique une source locale. Une coexistence forcée qui en dit long sur l’entreprise réelle du groupe.

La diplomatie des otages
Le JNIM utilise également la prise d’otages comme instrument de pression. Trois ressortissants étrangers – deux Émiratis et un Iranien – kidnappés le 22 septembre dans une ferme privée à Korofina, étaient détenus par le groupe. Les négociations butent sur le refus du JNIM de dialoguer avec les intermédiaires désignés par Bamako. La rançon demandée pourrait atteindre 10 millions de dollars, selon plusieurs sources. Le groupe détient également des dizaines de militaires maliens et burkinabés, ainsi que des otages indiens, chinois, russes et iraniens. Une manière pour le JNIM d’affirmer son influence régionale.

L’alliance sahélienne des djihadistes
Sur le terrain, les frontières entre le Mali, le Burkina Faso et le Niger semblent avoir disparu pour les combattants du JNIM. Lors de l’attaque de Bénéna, les terroristes portaient des treillis de l’armée burkinabé, preuve de leurs mouvements transfrontaliers. « Les djihadistes appliquent au sol l’alliance des pays du Sahel » , observe un expert sécuritaire. Ils s’approprient même les véhicules des militaires, comme cette Mercedes noire prise dans une caserne et désormais utilisés sans crainte par le groupe. Cette situation montre l’ampleur du défi sécuritaire au Mali. Alors que les prix flambent et que les attaques se multiplient, la population se retrouve prise en étau entre un État affaibli et des groupes terroristes qui renforcent quotidiennement leur prise.

Des stations-service fermées sur toute l’étendue du pays, suite à la rupture grave d’approvisionnement en produits pétroliers constatée par le SYNAPESS depuis plusieurs jours à Bamako et dans d’autres localités, a annoncé le même Syndicat national malien des acteurs du pétrole et des stations-service (SYNAPESS), ce jeudi 2 octobre dans un communiqué officiel, appelant « les autorités compétentes à prendre urgemment leurs responsabilités afin de rétablir un approvisionnement normal et durable en produits pétroliers ».

Aux dernières nouvelles, des négociations seraient en cours entre la junte malienne et le JNIM pour lever le blocus du carburant. L’une des conditions discutées était la suppression des restrictions sur la vente de carburant dans les zones rurales, dont le JNIM bénéficiait avant le blocage et qui était l’une des raisons de sa mise en œuvre. Des dizaines, voire des centaines, de camions-citernes en provenance du Sénégal, de Côte d’Ivoire et de Guinée ont été détruits, rendant les principaux axes routiers du pays pratiquement impraticables et bloquant les voies d’approvisionnement menant à la capitale Bamako.

 

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