Une délégation conjointe CEDEAO-UA dirigée par l’ancien vice-président nigérian Yemi Osinbajo et une seconde de l’OIF, ont rencontré, jeudi, le ministre ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité. Les échanges ont respectivement porté sur les préparatifs du scrutin du 25 octobre 2025.
A son Cabinet, le général Vagondo Diomandé, a reçu ce jeudi 23 octobre une importante délégation conjointe de la CEDEAO et de l’Union Africaine. La mission d’observation électorale était conduite par le professeur Yemi Osinbajo, ancien vice-président du Nigeria, puis une seconde délégation composée de membres de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Cette rencontre de travail s’effectuait à quelques heures de l’élection présidentielle ivoirienne prévue le 25 octobre 2025.
Des échanges francs sur la sécurisation du scrutin
Les discussions entre la délégation régionale conjointe CEDEAO-UA et le gouvernement ivoirien ont porté principalement sur l’état d’avancement des préparatifs électoraux. Le dispositif sécuritaire mis en place pour garantir le bon déroulement du vote a été au cœur des échanges. Les modalités de coopération entre les institutions sous-régionales et les structures nationales en charge de l’organisation du scrutin ont également été examinées. Cette rencontre a permis aux différentes parties de réaffirmer leur engagement commun pour des élections apaisées, transparentes et crédibles. La délégation africaine a pu s’enquérir directement des mesures concrètes prises par les autorités ivoiriennes pour assurer la sécurité pendant le processus électoral.
En juin dernier, en prélude à l’élection présidentielle d’octobre, la CEDEAO avait multiplié ses actions d’assistance à la Côte d’Ivoire. Présente à Abidjan, la mission d’information pré-électorale de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) avait entamé, le 30 juin 2025, ses travaux par le ministère des Affaires étrangères, de la coopération régionale et des Ivoiriens de l’extérieur. La mission d’information s’appuie sur l’article 12 du Protocole additionnel de la CEDEAO sur la démocratie et la bonne gouvernance, ainsi que sur l’article 53 alinéa C du Cadre de prévention des conflits . Elle répond à la décision des chefs d’État et de gouvernement de la CEDEAO d’envoyer en temps utile des missions dans les pays membres organisant des contrôles majeurs.
Après avoir rencontré plusieurs institutions, le mercredi 2 juillet 2025, la mission pré-électorale de la CEDEAO avait entamé les entretiens avec les acteurs des partis et formations politiques. L’ambassadeur Théodore Holo et sa délégation s’étaient entretenus avec le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), suivi du Congrès pour la démocratie et la paix (CAP-CI) ainsi que bien d’autres acteurs politiques dans le jeu.
La « Mission d’observation électorale conjointe » est de retour en Côte d’Ivoire depuis le 2 octobre 2025 pour observer le scrutin du 25 octobre 2025. L’objectif est d’observer la campagne électorale, le processus de vote et le dépouillement. La mission restera en Côte d’Ivoire jusqu’au 2 novembre 2025. En amont de l’élection, des missions d’observation ont également eu lieu pour s’assurer du bon déroulement des préparatifs, notamment auprès d’institutions comme la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle (HACA).
La Francophonie également engagée
Parallèlement à cette visite, une mission de la Francophonie séjourne également en Côte d’Ivoire. Le représentant de l’organisation internationale a indiqué avoir été reçu par le ministère de l’Intérieur et de la Sécurité. « Nous sommes ici à la tête d’une délégation déployée par la Francophonie à l’occasion de l’élection présidentielle du 25 octobre », a-t-il déclaré. La mission de la Francophonie suit le processus électoral ivoirien depuis plusieurs années, y compris lors du scrutin de 2020. Son objectif principal est d’accompagner la Côte d’Ivoire, pays membre de l’organisation, dans le renforcement de la démocratie et de l’État de droit. Le représentant de la Francophonie a précisé que sa délégation avait rencontré plusieurs institutions ivoiriennes durant son séjour.
L’organisation internationale se dit prête à continuer d’accompagner la Côte d’Ivoire même après les élections, répondant ainsi aux sollicitations des autorités et des institutions du pays
La Commission électorale, la Commission des droits de l’homme et certaines associations de la société civile figuraient parmi les interlocuteurs. La rencontre avec le ministre de l’Intérieur revêtait une importance particulière, ce département étant chargé de la sécurisation des opérations électorales. « Le ministre nous a dressé un tableau général de la situation. Toutes les dispositions sont prises pour que le scrutin se déroule de manière apaisée, pour le bien de l’ensemble de la population ivoirienne », a souligné le représentant. L’accompagnement de la Francophonie ne se limite pas à la période immédiate du vote. L’organisation travaille en amont avec les institutions ivoiriennes, notamment avec le Conseil national des droits de l’homme, qui déploie de nombreux observateurs sur le terrain. La Francophonie apporte également son appui technique aux institutions qui en font la demande, dans une logique de renforcement des capacités. Cette approche s’inscrit dans la durée, car le processus électoral n’est pas considéré comme une fin en soi.
L’organisation internationale se dit prête à continuer d’accompagner la Côte d’Ivoire même après les élections, répondant ainsi aux sollicitations des autorités et des institutions du pays. La présence conjointe de ces différentes missions internationales témoigne de l’importance accordée par la communauté africaine et francophone au bon déroulement du processus électoral en Côte d’Ivoire. Elle souligne également la volonté des partenaires de l’Afrique de l’Ouest de soutenir les démocraties de la région dans l’organisation d’élections crédibles et transparentes.



