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« J’ai fait référence au Tout-Puissant » : Tidjane Thiam précise ses « 7 jours pour libérer la Côte d’Ivoire »

Répondant à une question de Robert Navarro, le président du PDCI-RDA, Tidjane Thiam, a tenu à lever toute ambiguïté sur ses récentes déclarations.

Le président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA), Tidjane Thiam, a tenu à clarifier les propositions tenues lors d’une marche organisée en France le samedi 18 octobre dernier, qui suscite depuis une vive controverse.

Appel à un retour au dialogue
Accusé par certains de vouloir « déstabiliser le pays », l’ancien patron du Crédit Suisse a expliqué, le 23 octobre 2025, que son appel aux « sept jours pour libérer la Côte d’Ivoire » était symbolique, inspiré par la création du monde en sept jours, et visait à encourager le dialogue et la paix plutôt qu’à déstabiliser le pays.

« J’ai dit qu’on avait sept jours pour libérer la Côte d’Ivoire. J’aurais pu dire : on a sept jours pour sauver la Côte d’Ivoire. C’était ça le fond de ma pensée », a précisé Tidjane Thiam, affirmant que son message était avant tout symbolique et portait sur la nécessité d’un sursaut collectif.

« J’ai fait référence au Tout-Puissant en disant que Dieu avait mis sept jours pour créer et donc en sept jours, tout était possible. C’était une manière d’appeler à un miracle, à un retour au dialogue et à la paix », a-t-il expliqué.
Le président du PDCI-RDA a également tenu à remplacer ses propositions dans leur contexte : « Samedi 18 octobre était l’anniversaire du président Félix Houphouët-Boigny. Chaque année, je fais un message à la nation en tant que président du PDCI-RDA. J’ai dit qu’en ce jour mémorable, souvenirs-nous de Félix Houphouët-Boigny pour dépasser nos désaccords et retrouver le seul chemin qui a construit durablement un pays dans la paix : le dialogue. »

Reprenant les mots de son illustre précédent, il a rappelé que « le dialogue reste l’arme des forts » et appelé les acteurs politiques à éviter « la voie sans issue ». « Jamais il n’est trop tard pour dialoguer. La paix est encore possible. Agissons maintenant, le monde nous regarde, l’histoire nous jugera », a insisté Tidjane Thiam.

« CNT bis » ?
Cette mise au point intervient dans un contexte politique tendu, à deux jours du scrutin présidentiel du 25 octobre, auquel Tidjane Thiam ne prendra pas part. Le 22 avril 2025, la justice ivoirienne avait ordonné sa radiation de la liste électorale, estimant qu’il n’était plus ivoirien au moment de sa réinscription en 2022. Le 8 septembre, le Conseil constitutionnel a confirmé cette décision en rejetant sa candidature. Avec son allié du Front commun, Laurent Gbagbo, lui aussi écarté pour sa condamnation de 2018, Thiam a appelé à des marches. Depuis le 11 octobre, plusieurs villes ivoiriennes connaissent des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, qui ont fait au moins cinq morts, dont un sous-lieutenant tué par balles à Agboville lors d’une opération de dégagement.

L’ancien banquier vit depuis plusieurs mois entre la France et la Belgique, une sorte d’exil forcé. Lors d’une émission avec Alain Foka, il révélait avoir reçu des avertissements sur une éventuelle arrestation en cas de retour au pays. Les autorités ivoiriennes ont, selon lui, évoqué la vieille affaire du Conseil national de transition (CNT), née dans le sillage de la présidentielle contestée de 2020.

Le CNT, structure éphémère lancée par un parti de l’opposition conduite par Henri Konan Bédié, avait été accusée par le gouvernement d’acte de sédition avant sa dissolution. Thiam, qui résidait alors à l’étranger, a toujours nié tout rôle dans cette initiative.

Est-ce la crainte d’être à nouveau accusé de fomenter un « autre CNT » qui pousse aujourd’hui le président du PDCI-RDA à apaiser les tensions et clarifier ses propositions ?

Affaire à suivre….

 

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