
La localité de Nahio, dans le département d’Issia, vit encore sous le choc des violents affrontements survenus le samedi 25 octobre 2025, jour de l’élection présidentielle en Côte d’Ivoire. Ces violences, qui ont éclaté dans un contexte électoral tendu, ont fait trois morts et de nombreux blessés. Si les autorités locales avaient initialement recensé 17 blessés, ce chiffre est désormais passé à 22, selon des sources hospitalières et des témoignages recueillis sur place.
Des blessés avaient fui Nahio
Les rescapés, pour la plupart grièvement touchés, avaient pris la fuite vers la brousse ou les villages environnants, craignant de nouvelles représailles. « Des gens avaient été blessés, mais par peur, ils se sont réfugiés dans la forêt ou dans des campements voisins », explique une source locale, encore marquée par la scène de chaos qui a bouleversé le village.
Le lundi 27 octobre 2025, plusieurs blessés ont commencé à réapparaître. Trois se sont présentés à l’hôpital de Nahio et deux autres ont été admis à celui de Guibéroua, situé à une quinzaine de kilomètres. Leur retour progressif est attribué à la présence apaisante des autorités administratives et des représentants du ministère de la Cohésion nationale, de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, dépêchés sur place pour calmer les tensions et rassurer la population. « Avec l’arrivée du préfet et de la délégation ministérielle, certains ont retrouvé un peu de confiance et sont allés se faire soigner », indique un témoin.
Après un premier traitement à l’hôpital d’Issia, les médecins ont recommandé son évacuation vers Yamoussoukro, la balle s’étant logée profondément dans l’os
Les blessures recensées témoignent de la violence des affrontements. « Ce sont surtout des blessures causées par des balles, des jets de pierres et divers projectiles », confie notre source. L’un des blessés, touché à la cuisse par balle, suscite particulièrement l’inquiétude du corps médical. Après un premier traitement à l’hôpital d’Issia, les médecins ont recommandé son évacuation vers Yamoussoukro, la balle s’étant logée profondément dans l’os. « Certains plombs ont pu être extraits, mais d’autres restent coincés dans la jambe », précise-t-on.
Au-delà du bilan humain, le drame a semé la désolation et la peur dans cette localité paisible du Haut-Sassandra. Trois décès ont été officiellement enregistrés : Goméné Faras, retrouvé calciné ; Zely Zely Djimos, mort sur le champ après avoir été atteint par balles ; et Balié Micheline, décédée dans l’ambulance à l’entrée de l’hôpital d’Issia. Une femme enceinte atteinte par balles a été césarisée. L’enfant, né par césarienne n’a pas survécu, ajoutant un nouveau drame à cette tragédie.
Tension et peur à Nahio
La tension reste palpable à Nahio, où de nombreuses familles demeurent réfugiées dans les localités voisines, craignant une reprise des hostilités. « Ceux qui étaient venus hier (lundi) sont repartis le soir, après le départ des autorités », rapporte un habitant. La peur de nouvelles représailles empêche encore le retour à une vie normale.
Les autorités locales appellent au calme et à la réconciliation, tandis qu’une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur l’origine des affrontements et identifier les responsables. En attendant, Nahio tente difficilement de panser ses plaies. Entre les blessés qui sortent peu à peu de leur cachette et les familles endeuillées, la sous-préfecture garde encore les stigmates d’un week-end de violences qui a brisé la quiétude du Haut-Sassandra.


