La lutte contre l’immigration clandestine est l’une des priorités de Washington pour ce deuxième mandat de Donald Trump. Et après avoir poussé la police fédérale de l’immigration (ICE) à multiplier les arrestations, le président américain persiste et signe : leurs opérations, dont les méthodes ont parfois choqué les Américains, ne vont toujours pas encore assez loin, clame t-il.
Les vidéos choquent une partie des États-Unis par leur violence, raconte la correspondante de RFI à New York, Carrie Nooten. On y voit par exemple une mère plaquée au sol par un agent, des gaz lacrymogènes lancés dans une banlieue résidentielle de Chicago, ou encore des vitres de voitures brisées pour arrêter les conducteurs. Les agents de la police américaine de l’immigration et des douanes (ICE), masqués depuis le début du mandat de Donald Trump, ne semblent pas gênés par leurs opérations musclées.
ICE « n’a pas été assez loin »
Ces derniers mois, ils ont multiplié leurs arrestations chocs devant les caméras mêmes parfois ! Et dans un entretien exclusif à CBS dimanche 2 novembre, le président américain Donald Trump n’a pas semblé dérangé par ces procédés brutaux : « Je pense qu’ils n’ont pas été assez loin… car nous avons été freinés par les juges, par les juges libéraux nommés par [ses prédécesseurs Joe] Biden et [Barack] Obama ».
Et lorsqu’on lui demande s’il approuve ces tactiques employées par l’ICE, il répond « oui » du tac au tac : « Oui, parce qu’il faut expulser ces personnes ! Il faut voir qui sont ces gens, beaucoup d’entre eux sont des meurtriers, beaucoup d’entre eux ont été expulsés de leurs pays parce que ce sont des criminels ».
Interrogé sur l’arrestation de migrants sans passé criminel, le président américain rétorque qu’il « faut instaurer une politique ». « Cette politique doit être : vous êtes entrés dans notre pays illégalement, vous allez en sortir, argumente-t-il. Cependant, c’est aussi : vous allez le quitter, nous allons travailler avec vous et vous allez revenir dans notre pays légalement. »
Juges et citoyens dénoncent « les caprices politiques du président »
Los Angeles, Portland, Chicago, Washington et New York : les opérations de l’ICE se sont multipliées, en particulier dans les grandes villes dirigées par des démocrates. C’est là aussi que les protestations citoyennes sont les plus vives. Dernièrement, c’est à New York que des centaines de personnes sont descendues dans la rue pour protester contre une intervention spectaculaire contre des vendeurs illégaux.
Au début de l’été, la Maison Blanche avait même dû envoyer la Garde nationale pour protéger les agents ICE. Dimanche 2 novembre, la juge fédérale Karin Immergut a à nouveau bloqué, jusqu’au 7 novembre, le déploiement de militaires de la Garde nationale à Portland. Dans son ordonnance de 16 pages, consultée par l’AFP, elle a affirmé qu’elle avait besoin de plus de temps pour examiner le dossier. « Depuis le début, cette affaire concerne le respect des faits – et non les caprices politiques du président – pour guider l’application de la loi », a déclaré le procureur général de l’Oregon, Dan Rayfield, dans un communiqué publié après l’ordonnance de dimanche soir.
Même chose pour Chicago : la Cour suprême à majorité conservatrice avait été saisie en urgence le 17 octobre par Donald Trump pour obtenir l’autorisation d’y déployer la Garde nationale. Celle-ci a demandé aux deux parties de lui fournir des arguments supplémentaires pour le 17 novembre.
À lire aussi



