
La cérémonie officielle d’ouverture s’est tenue le vendredi 6 novembre 2025, à l’amphithéâtre de l’Hôpital Mère-Enfant Dominique Ouattara de Bingerville (HME). L’événement a rassemblé plusieurs personnalités du corps médical et pharmaceutique, parmi lesquelles le Dr Daouda Kouyaté, Directeur général adjoint de l’établissement, le Dr Affoué Chantal, représentant la direction des médicaments et des autres produits pharmaceutiques et l’Autorité ivoirienne de régulation pharmaceutique (AIRP), ainsi que le Dr Dindji Audrey, également de l’AIRP.
Une campagne qui arrive à point nommé
Dans son allocution, le Dr Affoué Chantal, au nom de la Directeur général de l’AIRP, a salué la tenue de cette campagne qui, selon elle, « met l’accent sur la manière dont chacun peut contribuer à la sécurité des médicaments ». La pharmacovigilance, a-t-elle rappelé, n’est pas seulement une affaire de médecins ou de pharmaciens. Elle requiert l’implication de tous les acteurs du système de santé, y compris les patients, afin d’identifier, d’analyser et de prévenir les effets indésirables liés à l’usage des médicaments.
Selon l’OMS, les préjudices liés aux soins constituent la 14e cause de morbidité mondiale, avec plus de 40 millions d’événements indésirables survenant chaque année dans les établissements hospitaliers. Ces chiffres alarmants justifient la nécessité de campagnes comme Medsafetyweek, qui sensibilisent à la déclaration des effets secondaires suspectés et au renforcement des systèmes nationaux de pharmacovigilance.
En termes de vigilance, nous avons l’hémovigilance pour les produits sanguins, la pharmacovigilance pour les produits pharmaceutiques, et d’autres formes de vigilances relatives aux risques médicaux
Dans son intervention, le Dr Daouda Kouyaté, DGA du HME, a insisté sur l’importance de la vigilance dans la pratique médicale. « En termes de vigilance, nous avons l’hémovigilance pour les produits sanguins, la pharmacovigilance pour les produits pharmaceutiques, et d’autres formes de vigilances relatives aux risques médicaux », a-t-il expliqué.
Dr Daouda Kouyaté, DGA de l’HMEDr Daouda Kouyaté, DGA de l’HME
Il a rappelé que le HME, grâce à la mise en place de ces dispositifs, a obtenu le label “argent” en 2019 puis le label “or” en 2023, avant d’être certifié ISO. « Soigner, c’est bien. Mais être vigilant, c’est encore mieux », a-t-il affirmé, avant de remercier la direction de l’AIRP pour son appui. Selon lui, cette journée n’était pas seulement une séance de sensibilisation, mais « une véritable formation sur la vigilance pharmaceutique ».
Une procédure écrite interne…
Le Dr Kouyaté a également souligné que l’hôpital dispose d’une procédure écrite interne permettant de déclarer et de suivre tous les effets indésirables médicamenteux. « Nos équipes sortent de cette rencontre mieux outillées et plus conscientes de leur rôle dans la chaîne de la sécurité des patients », a-t-il ajouté.
De son côté, le Dr Dindji Audrey de l’AIRP a présenté les grands axes de la campagne internationale. Elle a précisé que cette action coordonnée par l’OMS vise à impliquer aussi bien les professionnels de santé que les patients. « Nous sommes ici pour rappeler que la sécurité du patient est au cœur de notre mission. Qu’on soit médecin, pharmacien ou patient, le droit de vivre en bonne santé est primordial », a-t-elle déclaré.
À l’AIRP, nous disposons d’un service de vigilance effectif chargé de la régulation de la sécurité des médicaments
Elle a invité les professionnels de santé à notifier systématiquement tout effet indésirable observé chez leurs patients, et ces derniers à signaler toute réaction suspecte à leurs soignants. « À l’AIRP, nous disposons d’un service de vigilance effectif chargé de la régulation de la sécurité des médicaments. Toutes les déclarations reçues sont analysées par un collège d’experts afin d’établir le lien de causalité entre le médicament et l’effet observé », a-t-elle précisé.
Dr Dindji AudreyDr Dindji Audrey
Pour renforcer la fiabilité du système, le collège d’experts de l’AIRP a été élargi à 30 spécialistes, issus de différents domaines de compétence. « Chaque notification est évaluée par au moins six experts, voire plus selon la complexité du cas », a indiqué le Dr Dindji.
La commission nationale de vigilance
Elle a également annoncé la mise en place d’une Commission nationale de vigilance, qui s’est déjà réunie en avril dernier et tiendra une nouvelle session avant la fin de l’année. Cette structure, selon elle, vise à consolider les mécanismes de suivi et à améliorer la réactivité face aux risques médicamenteux.
Le choix de l’Hôpital Mère-Enfant Dominique Ouattara pour abriter cette cérémonie n’est pas anodin. « Nous l’avons retenu parce qu’il incarne l’excellence médicale et la rigueur procédurale. De plus, il s’adresse à une population particulièrement vulnérable : les mères et les enfants », a expliqué le Dr Dindji.
L’équipe de l’AIRP prévoit également un contact direct avec les patients et le grand public
Elle a salué la qualité de l’accueil et l’organisation du HME, soulignant « la parfaite préparation de l’événement et la forte mobilisation du personnel ».
L’équipe de l’AIRP prévoit également un contact direct avec les patients et le grand public, afin d’expliquer les réflexes à adopter en cas de réaction indésirable à un médicament.
La Medsafetyweek 2025 se veut donc un appel à la responsabilité partagée. Si les professionnels de santé ont le devoir d’informer, de signaler et de prévenir, les patients, eux aussi, doivent participer activement à la surveillance des médicaments qu’ils consomment.


