Le litige immobilier opposant Mme Annick Yana à Frédéric Soumahoro à la CIAD a pris une autre tournure. La première a convoqué le deuxième au commissariat de police du 18ème arrondissement.
Le différend immobilier opposant Mme Annick Yana, une Franco-Camerounaise, à M. Frédéric Soumahoro dans la cité CIAD (Commune de Cocody ) connaît un nouveau tournant. Après plusieurs mois de tensions et d’accusations réciproques, les deux parties sont attendues ce lundi 10 novembre 2025 à 11 heures au commissariat du 18ᵉ arrondissement, pour une confrontation initiée par Mme Yana.
La version de Mme Yana
Selon les déclarations de cette dernière, tout a commencé en 2023, lorsqu’elle a acquis une villa dans la cité CIAD auprès d’une famille installée sur le site depuis 2007. « Nous avons payé la villa dans les règles, avec tous les documents nécessaires », assure-t-elle. À l’époque de la transaction, le bien immobilier était encore occupé par un locataire. Mais les choses ont basculé, selon elle, dès que celui-ci a quitté les lieux.
« Dès la libération de la maison, un homme du nom de Frédéric Soumahoro est venu se présenter comme le véritable propriétaire. Il m’a agressée verbalement avant d’endommager certaines parties de la maison », raconte-t-elle. Choquée, Mme Yana affirme avoir immédiatement saisi le commissariat compétent, puis déposé une plainte au Parquet de Bingerville.
En janvier 2025, après un voyage, j’ai découvert avec horreur que la maison avait été totalement détruite.
Cependant, malgré ces démarches, les hostilités n’ont pas pas été arrêtées. « En janvier 2025, après un voyage, j’ai découvert avec horreur que la maison avait été totalement détruite. Même la clôture avait été changée », déclare-t-elle avec amertume. Face à ce qu’elle qualifie de même « harcèlement persistant », Mme Yana dit avoir pris une nouvelle convocation policière à la rencontre de M. Soumahoro, qu’elle a elle- remis en main propre. « Il a indiqué au commissaire qu’il était en voyage, mais la rencontre a finalement été fixée à ce lundi », précise-t-elle.
De son côté, M. Frédéric Soumahoro conteste la version de Mme Yana et assure disposer lui aussi des documents légaux attestant de sa propriété. « Le promoteur Kouassi Koffi Félix, du Groupe Amaos, a racheté la CIAD en 2007. C’est lui qui m’a délivré une attestation d’attribution définitive du logement », soutient-il, laissant entendre que son acquisition repose sur une base légale solide.
La réaction de Mme Isabelle Duzan, présidente du syndicat des copropriétaires
Mais cette explication est vivement contestée par Mme Isabelle Duzan, présidente du syndicat des copropriétaires de la Cité CIAD . Selon elle, ni le promoteur Kouassi Koffi Félix ni M. Soumahoro ne détiennent de titre reconnu par les autorités compétentes. « M. Soumahoro prétend que la justice a confirmé la propriété de KKF. Si c’était vrai, pourquoi le nom de CIAD Primo figure t-il encore au cadastre ? C’est bien CIAD Primo qui possède le titre foncier provisoire », argumente-t-elle.
Mme Duzan dénonce également la gestion du site par le Groupe Amaos, qu’elle accuse d’avoir négligé les infrastructures essentielles. « Il n’a ni les ACD, ni le titre foncier provisoire, ni la capacité de faire les VRD. Chaque saison des pluies, nous subissons des inondations », déplore t-elle, avant de lancer un avertissement : « Tant que le procès n’est pas terminé, qu’ils nous laissent tranquilles. Sinon, nous ferons manifester au rond-point, près de la résidence du président de la République. »
Ce nouveau face-à-face au commissariat pourrait marquer une étape décisive dans cette affaire à rebondissements, symbole des conflits fonciers récurrents qui secouent certaines zones périurbaines d’Abidjan, où les titres de propriété se superposent et entretiennent des années de contentieux.



