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Côte d’Ivoire: M’Bengué, Mauvaise qualité de la viande malgré la fin de la pénurie

Quatre mois après la hausse du prix du kilogramme de viande de bœuf , des consommateurs ont dénoncé vendredi 14 novembre 2025 la mauvaise qualité du produit proposé sur le marché local, malgré la fin de la pénurie qui avait initialement motivé cette augmentation.

Le 17 juillet, le prix du kilo est passé de 1 700 à 2 000 francs CFA, après plusieurs semaines de rareté sur les étals. Alerté, le maire de la commune, Coulibaly Ali Kader, avait réuni les acteurs de la filière pour en identifier les causes.

Les bouchers avaient alors évoqué la cherté des bœufs chez les éleveurs, qui privilégiaient les ventes dans les localités voisines, où les prix oscillaient entre 2 000 et 2 300 francs le kilogramme. Ils avaient également sollicité l’aménagement de l’abattoir municipal afin d’améliorer les conditions d’hygiène.

À l’issue des discussions, la municipalité avait fixé le prix du kilogramme à 2 000 francs CFA pour garantir l’approvisionnement du marché.

Mais plusieurs habitants affirment désormais que la viande vendue est de « mauvaise qualité ». « La bonne viande est envoyée vers les sites d’orpaillage en brousse. Nous, nous consommons des viandes difficiles à cuire », a déploré Coulibaly Zana Abou Dramane.

Selon lui, les éleveurs réservent leurs meilleurs bœufs aux marchés de Korhogo et Abidjan, où les prix sont plus attractifs, ne laissant aux bouchers locaux que des bêtes « squelettiques ».

Les bouchers rejettent ces accusations. « Depuis la hausse des prix, il n’y a plus de pénurie et le marché fonctionne, même si l’affluence varie », a affirmé Amidou Dao, vendeur au marché de M’Bengué.

Il a reconnu toutefois qu’ils n’ont « aucun pouvoir de sélection » sur les animaux fournis par les éleveurs, assurant que les contrôles vétérinaires sont systématiques avant la vente, tout en concédant que les bêtes sont mieux nourries dans les grandes villes, ce qui explique une viande plus charnue.

Le chef du service vétérinaire et d’hygiène, Koné Soumaïla, a confirmé que la saison sèche rend difficile l’obtention de bœufs bien en chair. « Les bêtes bien nourries sont envoyées à Korhogo et Abidjan. Aucun boucher n’acceptera d’acheter un bœuf à 500 000 francs pour vendre le kilo à 2 000 francs, il ne s’en sortirait pas », a-t-il expliqué.

Selon lui, les inspections visent principalement à détecter les maladies transmissibles à l’homme. « Lorsque les organes comme les poumons, le foie, la rate et les reins présentent des anomalies, ils sont retirés. Sanitairement, il n’y a pas de risque pour les consommateurs », a-t-il assuré. Il a admis néanmoins que la qualité nutritive peut être affectée par l’état physique des animaux.

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