Le Tribunal du Pôle Pénal Économique et Financier (PPEF) a prononcé, le jeudi 20 novembre 2025, la relaxe de la notaire Me Mangoua C, initialement poursuivie pour escroquerie et blanchiment de capitaux. Un verdict qui contraste avec les réquisitions sévères du parquet, tandis que l’opérateur immobilier impliqué a, lui, a été lourdement condamné.
Une semaine seulement après que le parquet a requis dix ans de prison ferme contre elle, Me Mangoua C a finalement été disculpé par le Tribunal du Pôle Pénal Économique et Financier . Les juges ont toutefois retenu la culpabilité de l’opérateur immobilier, condamné à trois ans d’emprisonnement et à plus de 570 millions de FCFA d’amendes, pour avoir escroqué une plaignante ayant versé plus de 180 millions de FCFA pour un appartement jamais acquis.
Une relaxe inattendue et une condamnation lourde au PPEF
La décision du Tribunal du Pôle Pénal Économique et Financier a surpris de nombreux observateurs, tant le parquet avait adopté une position inflexible quelques jours plus tôt. Le procureur de la République avait souligné : « La plaignante désirait conduire un appartement à Biétry et a été trompée par les agissements du notaire. Elle a ainsi versé en cinq tranches, en 2018, plus de 180 millions FCFA ». Les avocats de la défense ont, pour leur part, insisté sur la prescription : « Le couple d’avocats qui défendait Me Mangoua a rappelé que la plainte, déposée en 2024, intervient bien après les trois ans de prescription prévue par la loi » , a précisé Maître Koffi, avocat de la notaire.
« Cette décision rappelle que la justice peut séparer clairement les responsabilités et ne pas se tromper sur les faits de chacun »
En revanche, l’ opérateur immobilier responsable de la société civile commerciale Marianne a été reconnu coupable. Le tribunal l’a condamné à 36 mois de prison ferme et à 570 millions de FCFA d’amendes, tout en ordonnant le remboursement de 180 648 720 FCFA à la plaignante, ainsi que 20 millions FCFA de dommages et intérêts. « Il est juste que la responsabilité de l’opérateur soit reconnue » , a déclaré la plaignante, Mme A Koné, satisfaite du jugement.
Me Yao, avocat de la société, a commenté : « Cette décision rappelle que la justice peut séparer clairement les responsabilités et ne pas se tromper sur les faits de chacun » .



