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Côte d’Ivoire: Comment Tidjane Thiam pilote depuis Paris l’affaire Bredoumy

Depuis Paris, Tidjane Thiam suit minute par minute l’incarcération de Soumaïla Bredoumy, poursuivi pour 18 chefs d’accusation, dans un contexte politique tendu à un mois des législatives.

Depuis Paris, où il vit en exil depuis plusieurs mois par crainte d’une arrestation, Tidjane Thiam suit heure par heure l’affaire Soumaïla Bredoumy, député, porte-parole du PDCI-RDA et candidat aux législatives du 27 décembre. L’annonce, jeudi 27 novembre, de son placement sous mandat de dépôt puis de son incarcération au Pôle pénitentiaire d’Abidjan (PPA) a déclenché une réaction immédiate au sein du parti.

« Assassinat »
Selon Me Jean-Chrysostome Blessy, l’un de ses avocats, Bredoumy est désormais poursuivi pour 18 chefs d’accusation, contre 11 la veille. Une évolution rapide qui illustre la tension entourant ce dossier présenté comme « extrêmement grave » par le parquet.

Les chefs retenus incluent notamment : « actes terroristes », « assassinat », « complot contre l’autorité de l’État », « attentat contre l’autorité de l’État », « atteinte aux opérations électorales », « atteinte à l’ordre public », « organisation d’une bande armée », « destruction volontaire de biens », « vol », « apologie des crimes de meurtres », ainsi que « participation à une manifestation interdite ou non déclarée ».

« Il ne reconnaît pas ces motifs », affirme son conseil Me Luc Kacou Adje, qui précise avoir négocié « des conditions de détention dignes » permettant au député d’occuper une cellule individuelle « compte tenu de sa qualité ».

Une procédure contestée
Revenu en Côte d’Ivoire le 24 novembre après plusieurs mois à l’étranger, Bredoumy avait été convoqué puis placé en garde à vue dès le 26 novembre, dans le cadre d’une procédure de flagrant délit, seule exception constitutionnelle permettant de poursuivre un parlementaire sans lever son immunité.

Pour le PDCI, la démarche est arbitraire. Le parti rappelle que l’Assemblée nationale est en session budgétaire et qu’aucune saisine préalable n’a été effectuée. La direction dénonce une « violation manifeste de l’immunité parlementaire ».

Une riposte organisée depuis Paris
Face à cette accélération judiciaire, Thiam a mis en place une cellule de suivi en continu, en contact permanent avec les avocats et le Secrétariat exécutif. L’ancien candidat à la présidentielle reçoit des informations « minute par minute » et ajuste en temps réel la posture politique du parti. Il a salué « la réactivité et la qualité du travail » de l’équipe juridique.

Pour le PDCI, cette affaire s’inscrit dans un climat politique tendu après la présidentielle du 25 octobre, remportée par Alassane Ouattara. Le scrutin, globalement calme selon les autorités, a néanmoins fait onze morts et conduit à des dizaines d’arrestations dans l’opposition, dont une centaine de manifestants condamnés à trois ans de prison.

À moins d’un mois des législatives, l’incarcération de Bredoumy met à l’épreuve la capacité du PDCI à rester mobilisé alors que son chef, lui-même sous pression, continue de mener la riposte depuis Paris.

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