Les budgets des Finances, de l’Éducation et de la Santé adoptés en commission au Sénat. À Yamoussoukro, ce 10 décembre 2025, la Commission des Affaires Économiques et Financières du Sénat a examiné, les budgets de plusieurs ministères clés pour l’année prochaine. L’occasion pour les ministres de détailler leurs priorités et les chantiers qui seront financés.
L’hémicycle du Sénat à Yamoussoukro a vu défiler 08 membres du gouvernement. Face aux sénateurs de la Commission des Affaires Économiques et Financières (CAEF), ils ont présenté et défendu les budgets de leurs départements pour l’année 2026. Parmi eux, des portefeuilles approuvés comme stratégiques pour l’exécution du Plan National de Développement : les Finances, l’Éducation nationale, l’Enseignement supérieur, l’Enseignement technique, l’Économie, le Patrimoine de l’État, la Fonction publique et la Santé.
Les Finances en tête, avec plus de 671 milliards de FCFA
Le ministre des Finances et du Budget, Adama Coulibaly, a ouvert la série des auditions. Son département bénéficie d’une dotation de 671,3 milliards de FCFA. Cette enveloppe doit servir à poursuivre plusieurs chantiers, at-il expliqué aux parlementaires. Il a notamment cité le renforcement du contrôle interne et de gestion dans les ministères, l’amélioration du système de gestion au sein de la Direction générale du Budget et des Finances, et la production dans les délais des documents budgétaires. L’élargissement de l’assiette fiscale, la rationalisation des exonérations et la modernisation des outils de gestion du Trésor public figurent également parmi ses priorités pour l’année à venir.
L’Éducation, premier poste de dépenses de l’État
Le secteur de l’éducation, de la formation et de la recherche a été présenté comme une priorité absolue du gouvernement. Le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Adama Diawara, s’est exprimé au nom de ses collègues de l’Éducation nationale et de l’Enseignement technique. Il a rappelé l’effort financier consenti par l’exécutif. « Sur un budget hors dette de 10 676 milliards de FCFA pour 2026, 2 084,8 milliards, soit 29,5%, sont alloués à notre secteur. Cela traduit son importance aux yeux du gouvernement », a-t-il souligné. Concrètement, la ministre de l’Éducation nationale, Marietou Koné, dispose de 1 563,7 milliards de FCFA. Le budget de l’Enseignement supérieur s’élève à 338,7 milliards. Celui de l’Enseignement technique, de la Formation professionnelle et de l’Apprentissage, dirigé par Koffi N’guessan, atteint 182,3 milliards de FCFA. Ces crédits, selon M. Diawara, doivent permettre de réaliser des infrastructures, d’acquérir des équipements et de recruter suffisamment d’enseignants pour encadrer les élèves et étudiants.
L’École de la deuxième chance et la santé, deux priorités sociales
Koffi N’guessan, ministre de l’Enseignement technique, a insisté sur un aspect social de sa mission. Il a évoqué le défi de « ne laisser personne dans la rue ». Son budget doit notamment financer l’École de la deuxième chance, un dispositif visant à réinsérer des jeunes déscolarisés. « Il faut prospecter, répertorier les profils et les anciens de sorte que ceux qui sortent de cette école n’aillent pas dans la rue, mais directement au travail », at-il précisé devant les sénateurs. Le ministère de la Santé, de l’Hygiène publique et de la Couverture maladie universelle. Son titulaire a défendu un budget de près de 809 milliards de FCFA.
Sur un budget hors dette de 10 676 milliards de FCFA pour 2026, 2 084,8 milliards, soit 29,5%, sont alloués à notre secteur. Cela traduit son importance aux yeux du gouvernement
Il a annoncé que le chantier « le plus important » pour 2026 serait l’achèvement du Centre hospitalier universitaire (CHU) d’Abobo, présenté comme devant être « l’un des plus grands d’Afrique de l’Ouest ». Les crédits votés doivent permettre d’accélérer les travaux sur ce site. Le budget santé financera aussi la poursuite de la construction d’hôpitaux à l’intérieur du pays, la création d’une centaine d’établissements de premier contact dans les zones reculées, l’approvisionnement en médicaments et en sang, ainsi que la formation continue du personnel soignant.
Une adoption à l’unanimité en commission
À l’issue des présentations et des échanges, les sénateurs membres de la CAEF ont adopté à l’unanimité les budgets des huit ministères examinés. Cette étape en commission prépare le passage en séance plénière du Sénat pour un vote définitif. La ministre de l’Économie, du Plan et du Développement, Kaba Nialé, dont le budget s’élève à 44,1 milliards de FCFA, a rappelé le contexte particulier de l’année 2026. Elle marquera le début du prochain Plan National de Développement (PND) 2026-2030. « Cet exercice va permettre de commencer à appliquer les grandes réformes que nous avons prévues », at-elle indiqué. Les travaux parlementaires sur le projet de loi de finances pour 2026 se poursuivront dans les prochains jours avec l’examen des budgets d’autres départements ministériels.



