Suite au coup d’État manqué au Bénin, 25 partis et formations politiques de la diaspora s’expriment depuis Paris et appellent au calme. Le collectif de partis exige le retour à l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau et au Bénin. Depuis Paris, l’inquiétude politique traverse désormais l’Atlantique. Réunis sous la bannière des Organisations et Partis Politiques de la Diaspora de l’Afrique de l’Ouest en France, 25 d’entre ces formations politiques ont fait connaître leur position.
La raison de cette mobilisation ? La tentative de coup d’État militaire s’est produite au Bénin dans la matinée du 7 décembre dernier. Un événement qui a provoqué un choc au sein de la communauté démocratique africaine. Dans un communiqué rendu public vendredi depuis la capitale française, le collectif a exprimé sa « consternation » face à cette attaque contre les institutions béninoises. Pour ces partis, qui représentent un large spectre politique de la sous-région, l’acte est perçu comme un coup d’État porté à l’ensemble des démocrates du continent.
Une grande coalition de partis signataires
La liste des organisations à l’origine de ce texte est révélatrice d’une mobilisation trans-partisane. On y trouve des partis au pouvoir et dans l’opposition, couvrant douze pays de la sous-région. Du Bénin, Les Démocrates et le mouvement AGIR ont apposé leur signature. La Côte d’Ivoire est représentée par le RHDP (Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix) et le PDCI-RDA (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire). Le Sénégal compte plusieurs formations, dont l’APR (Alliance pour la République) et le PS (Parti Socialiste). La Guinée figure également avec plusieurs partis, comme l’UFDG (Union des Forces Démocratiques de Guinée) et le PG (Parti de la Guinée). D’autres pays comme le Ghana, le Mali, le Niger, le Burkina Faso, la Gambie, la Sierra Leone, le Cap-Vert, le Togo et la Guinée-Bissau complètent ce tableau.
Les partis de la diaspora lancent un appel direct aux militaires. Ils les invitent à « s’éloigner du jeu politique en restant neutres et républicains ».
Cette diversité politique donne un poids particulier à la déclaration. Elle montre que, malgré leurs divergences, les forces politiques ouest-africaines peuvent s’unir sur des principes fondamentaux : le rejet des coups de force et l’attachement à la démocratie. Depuis Paris, la diaspora politique ouest-africaine envoie un signal fort aux putschistes et aux institutions régionales. Elle rappelle que la démocratie n’est pas négociable et que la stabilité de la sous-région passe par le respect des urnes et des constitutions. Les prochains jours diront si cet appel sera entendu à Conakry et à Bissau.
Un « vrai choc » pour les démocrates africains
Les signataires condamnent « avec la dernière énergie » cette tentative de putsch. Ils estiment que cette action va « à contre-courant des efforts immenses et mérites du gouvernement et du peuple béninois » pour construire une société démocratique. Le Bénin est souvent présenté comme un modèle de stabilité et d’alternance politique en Afrique de l’Ouest. Cette image a été ébranlée par les événements de la semaine dernière. Pour la politique de la diaspora, préserver ce « modèle démocratique qui donne à espérer » est devenu une priorité. Le collectif encourage d’ailleurs le peuple béninois à « se montrer intransigeant » dans la défense de ses acquis.
La CEDEAO salue, la Guinée-Bissau dans le viseur
La déclaration de Paris porte également un regard sur la situation en Guinée-Bissau , où un coup d’État a récemment renversé le pouvoir. Les vingt-cinq partis condamnent avec la même vigueur ce putsch. Ils adressent leur « solidarité » aux peuples bissau-guinéen et béninois, et présentent leurs « sincères condoléances aux victimes de la barbarie des putschistes au Bénin ». L’intervention de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) dans la crise béninoise est saluée. Le collectif estime que la réaction « énergique » de l’organisation sous-régionale a « permis de déjouer le projet funeste des putschistes ». En revanche, concernant la Guinée-Bissau, le ton se fait plus pressant. Les partis de la diaspora lancent un appel direct aux militaires. Ils les invitent à « s’éloigner du jeu politique en restant neutres et républicains ». Surtout, ils exigent que l’armée « cède le pouvoir au vainqueur de l’élection présidentielle qui est connue de tout le monde ».
Le communiqué ne s’arrête pas à de simples recommandations. Il envisage une escalade si les putschistes bissau-guinéens refusent de rendre le pouvoir. Les signataires demandent à la CEDEAO de « déployer sa force d’intervention » dans le pays. L’objectif d’une telle mesure serait de « permettre la proclamation des résultats de l’élection », ensuite, « d’assurer une protection au vainqueur ». Cette proposition place la balle dans le camp des dirigeants ouest-africains, les appelant à une action concrète pour rétablir l’ordre constitutionnel.



