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Présidentiel: 14 jours de campagne en Centrafrique, top départ pour 7 candidats en lice

À partir du samedi 13 décembre, les candidats en Centrafrique ont deux semaines pour convaincre les électeurs. La campagne officielle en vue des élections générales du 28 décembre a été ouverte. Les Centrafricains doivent se rendre aux urnes le même jour pour quatre scrutins : la présidentielle, les législatives, les régionales et les municipales. Mais c’est la course à la magistrature suprême qui focalise toute l’attention.

07 candidats sont en lice pour le fauteuil présidentiel. Parmi eux, le président sortant Faustin-Archange Touadéra, candidat à sa propre succession. Il fait face à son principal adversaire, le chef de file de l’opposition Anicet-Georges Dologuélé. Les autres prétendants, dont l’ancien Premier ministre Henri-Marie Dondra , comptent bien aussi se faire entendre.

Touadéra compte sur la continuité depuis un stade archi-comble
Dès le premier jour, Faustin-Archange Touadéra a montré qu’il ne lésinait pas sur les moyens. Après une étape à Sibut, à 185 km au nord de Bangui, le président sortant a organisé un grand rassemblement au stade Barthélemy-Boganda de la capitale. Les lieux étaient noirs de monde, avec des militants vêtus de bleu et de blanc, les couleurs de son parti, le Mouvement cœurs unis (MCU). Dans une ambiance de fête, entre chants et danses, le chef de l’État a prononcé un discours axé sur les préoccupations du quotidien. Il a parlé de paix, de sécurité, d’emploi, du coût de la vie et de l’accès aux services de base. « Je m’engage à poursuivre ce que nous avons entrepris ensemble pour hisser notre pays encore plus haut », a-t-il lancé à la foule. Avant d’ajouter : « L’avenir de la République centrafricaine n’appartient pas à un homme ni à un camp, il appartient à tout un peuple ».

Dologuélé et Dondra jouent la carte de la proximité et du changement
De son côté, le principal challenger, Anicet-Georges Dologuélé , un opté pour une stratégie différente. Le président de l’Union pour le renouveau centrafricain (URCA) a participé à une grande marche à travers les rues de Bangui. Devant ses partisans réunis à l’école Ama, il a dévoilé une partie de son programme. « Nous proposons des projets très précis et concrets pour changer leur vie, sortir le pays de l’extrême pauvreté », a-t-il déclaré. Il a promis de « réconcilier le Centrafricain avec lui-même, avec les institutions, avec l’administration » et de construire des infrastructures pour attirer les investisseurs privés. L’ancien Premier ministre Henri-Marie Dondra, candidat du parti Unité républicaine (Unir), a tenu son premier meeting dans le deuxième arrondissement de Bangui. Il s’est appesanti sur les thèmes de la solidarité nationale, du rétablissement de l’État de droit et de la lutte contre l’impunité. La campagne, qui place les questions de gouvernance, de paix et de développement au cœur du débat, se déroulera fin le 26 décembre.

Dans l’ombre, une cellule d’influence pro-Touadéra s’active
Alors que les rencontres battent leur plein, une autre bataille, plus discrète, se joue en coulisses. Le parti au pouvoir renforcerait son dispositif de communication grâce à une structure parallèle. Cette cellule serait pilotée par Pascal Bida Koyagbele, ministre des Grands travaux et homme de confiance du président Touadéra. Selon des informations concordantes, cette « cellule de veille » aurait pour mission d’influencer le climat politique et le résultat du contrôle. Ses méthodes s’inspireraient des techniques russes en matière d’influence numérique. La semaine dernière, Bida Koyagbele se serait rendu à Ouagadougou pour des entretiens avec le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean-Marie Traoré. Les échanges seraient portés, entre autres, sur l’élection centrafricaine. Cette cellule, composée de communicants proches du pouvoir, travaillerait dans des locaux spécialement aménagés en centre-ville de Bangui.

Nous proposons des projets très précis et concrets pour changer leur vie, sortir le pays de l’extrême pauvreté
La cellule d’influence politique serait chargée de centraliser la communication de la campagne présidentielle et de collecter des informations sur les figures de l’opposition. Les membres de cette équipe auraient bénéficié de formations dispensées par un consultant russe, dans la lignée de l’expertise apportée par le groupe Wagner ces dernières années. La Centrafrique a une longue histoire électorale, depuis les premières consultations avant 1958 jusqu’à la VIe République actuelle. Le pays a connu plusieurs transitions et républiques, chacune ponctuée par des examens, parfois annulés ou disputés. Ce cycle électoral de 2024 intervient dans un contexte toujours marqué par des défis sécuritaires et une situation humanitaire difficile. Plus de deux millions d’électeurs sont appelés à voter le 28 décembre. Ils devront choisir non seulement leur président, mais aussi leurs députés, leurs conseillers régionaux et municipaux.

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