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Dette publique: Le Gabon rembourse plus de 3 100 milliards de francs CFA depuis août 2023


S’adressant à la Nation le 31 décembre, le président de la République gabonaise, Brice Clotaire Oligui Nguema, a dressé un bilan des actions engagées depuis son arrivée au pouvoir. Dans un contexte économique contraint, le chef de l’État a cité les efforts réalisés en matière de finances publiques, en particulier sur le dossier sensible de la dette intérieure et extérieure.

Selon les chiffres avancés, le Gabon aurait procédé au remboursement d’environ 3 142 milliards de francs CFA depuis le 30 août 2023, date du renversement du régime précédent. Une annonce présentée comme un signal de redressement financier, alors que le pays traîne depuis plusieurs années un endettement jugé lourd par de nombreux observateurs.

Une dette héritée, un impératif de crédibilité
Dans son allocution, Brice Clotaire Oligui Nguema a signalé sa volonté de travailler à réduire progressivement le niveau d’endettement accumulé au fil des exercices budgétaires antérieurs. Pour les autorités actuelles, ces remboursements traduisent une volonté de rétablir la crédibilité financière du Gabon, tant auprès des partenaires techniques et financiers que sur les marchés. Le président a reconnu que l’héritage financier laisse peu de marges de manœuvre. Toutefois, il a estimé que le paiement régulier des engagements, qu’ils soient intérieurs ou extérieurs, constitue un passage obligé pour restaurer la confiance et stabiliser les équilibres macroéconomiques. Face aux contraintes budgétaires, le chef de l’État a défendu la discipline financière et le maintien de l’investissement public. Selon lui, la rigueur dans la gestion des ressources ne saurait se traduire par un gel des projets structurants, au risque de freiner les ambitions de développement du pays. Les autorités affirment ainsi vouloir préserver les dépenses jugées prioritaires, notamment dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et des services sociaux de base, tout en maîtrisant les charges de fonctionnement de l’administration. Une approche présentée comme indispensable pour répondre aux attentes de la population et renforcer la souveraineté économique. Le président Oligui Nguema est revenu sur plusieurs décisions qualifiées de structurantes en matière de contrôle des ressources naturelles.

Parmi elles figurent le rachat d’Assala Energies, de la Société des magasins pétroliers d’Afrique, de Tullow Oil, ainsi que de la Société nationale des bois du Gabon (SNBG).
Ces opérations, selon le discours officiel, traduisent une volonté de reprendre la main sur des secteurs jugés stratégiques pour l’économie nationale. L’ouverture des mines industrielles à l’exploitation locale et la transformation sur place du manganèse s’inscrivent dans la même logique de valorisation interne des richesses. Le chef de l’État a également évoqué des ajustements fiscaux destinés à améliorer la mobilisation des recettes publiques. Les autorités entendent élargir l’assiette fiscale, renforcer les mécanismes de collecte et réduire les pertes liées aux dysfonctionnements administratifs. Dans le même temps, une attention particulière est portée à la rationalisation des dépenses. Le discours présidentiel a noté la nécessité de mieux encadrer les engagements de l’État et de limiter les dépenses jugées non essentielles, afin d’éviter les dérapages budgétaires observés par le passé.

La digitalisation de la gestion publique
La modernisation de l’administration figure parmi les chantiers prioritaires annoncés. Brice Clotaire Oligui Nguema a confirmé la poursuite de la digitalisation de la gestion publique, avec la mise en place d’un système intégré des finances publiques annoncé comme pleinement opérationnel à l’horizon 2026. Ce dispositif vise à renforcer le suivi des recettes et des dépenses, conformément aux standards internationaux. Les autorités espèrent ainsi améliorer la traçabilité des flux financiers et réduire les zones d’opacité qui ont longtemps fragilisé la gouvernance économique. Dans un contexte de réformes, la lutte contre la corruption a été présentée comme un axe central. Le président a rappelé que chaque gestionnaire public devra rendre compte de ses actes, y compris devant la justice, afin d’instaurer une culture de responsabilité au sein de l’administration. Ce discours intervient alors que la demande de transparence reste forte dans l’opinion publique. Pour le pouvoir en place, le redressement des finances publiques passe autant par des mécanismes techniques que par une exigence accrue d’exemplarité.

Le Gouvernement plus qu’engagé
Plusieurs sources rappellent toutefois que la dette publique du Gabon demeure élevée. À la fin du mois d’octobre 2025, l’encours global dépasserait les 8 600 milliards de francs CFA, confirmant que la question de l’endettement reste un sujet central pour l’économie nationale. Dans ce contexte, les annonces présidentielles sont perçues comme une étape dans un processus plus long, qui dépendra à la fois de la capacité de l’État à maintenir ses efforts budgétaires et de l’évolution de la conjoncture internationale, notamment des cours des matières premières. Le chiffre de 3 142 milliards de francs CFA, régulièrement cité par les autorités, s’impose ainsi comme un repère dans le discours économique actuel. Il montre une volonté affichée de retrouver des marges de manœuvre financières, tout en posant les bases d’un modèle économique moins vulnérable aux chocs extérieurs.

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