06122026Headline:

Les États de l’AES condamnent une « agression américaine » contre le Venezuela

La Confédération des États du Sahel (AES) a vivement réagi à ce qu’elle qualifie d’« attaque armée » menée par les États-Unis contre la République bolivarienne du Venezuela, dans un communiqué publié le 8 janvier à Ouagadougou.

La Confédération des États du Sahel (AES) s’est invitée dans le débat géopolitique international en condamnant ce qu’elle qualifie d’« agression américaine » contre la République bolivarienne du Venezuela. Dans un communiqué publié le 8 janvier à Ouagadougou, l’organisation régionale dit avoir suivi « avec une vive préoccupation » les informations faisant état d’une opération militaire menée par les États-Unis , ayant conduit, selon elle, à « l’enlèvement illégal » du président vénézuélien Nicolás Maduro et de son épouse.

Le couple a été kidnappé à Caracas le 3 janvier 2026 lors d’une opération nommée « Résolution Absolue », puis exfiltré vers New York. Ils sont depuis poursuivis devant un tribunal fédéral de Manhattan pour des chefs d’accusation de narcoterrorisme, trafic de drogue et crimes contre l’humanité. Lors de leur première audience le 5 janvier 2026, Nicolás Maduro et Cilia Flores ont tous deux plaidé non coupables. Ils sont actuellement détenus en détention à la prison de Brooklyn alors que des rapports indiquent que le couple a été blessé lors de leur enlèvement.

Une « ingérence inacceptable »
Dans le texte signé par le capitaine Ibrahim Traoré, président de la Transition au Burkina Faso et président en exercice de l’AES, la Confédération rappelle que le recours à la force armée contre un État souverain constitue, au regard du droit international, une « ingérence inacceptable » et un « acte d’agression ». L’AES estime que cette action porte atteinte à la souveraineté, à l’intégrité territoriale et à l’indépendance politique du Venezuela.

« La Confédération AES, attachée à la défense de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance, condamne fermement cet acte grave et contraire au droit international, notamment aux principes fondamentaux consacrés par la Charte des Nations Unies », mentionne le communiqué.
L’organisation sahélienne dénonce en particulier le recours unilatéral à la force par un État, membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, qu’elle considère comme une violation grave des normes censées garantir la paix et la sécurité internationales.

L’ordre international “fragilisé”
Quatre jours après l’attaque américaine sur le sol vénézuélien et l’enlèvement du couple Maduro, le président Donald Trump a annoncé la réquisition d’« entre 30 et 50 millions de barils de pétrole sous sanction et de haute qualité ». « Ce pétrole sera vendu au prix du marché et l’argent sera contrôlé par moi, pour garantir qu’il soit utilisé au profit des peuples du Venezuela et des États-Unis », at-il ajouté.

Au-delà du cas vénézuélien, la réaction des États du Sahel — le Burkina Faso, le Mali et le Niger — s’inscrit dans une dynamique plus large enregistrée au sein du Sud global. Ces pays, eux-mêmes engagés dans des rapports tendus avec plusieurs puissances occidentales, font de la souveraineté nationale et du rejet des interventions étrangères un marqueur central de leur discours diplomatique.

L’AES, qui exprime sa solidarité avec le peuple vénézuélien, dont elle estime que la souveraineté a été « bafouée » par cet acte qualifié d’agression, voit dans cet épisode un nouveau signe de la « fragilisation continue de l’ordre international », avec, selon elle, des conséquences potentielles graves pour la stabilité mondiale.

Aussi interpelle-t-elle directement le Conseil de sécurité des Nations unies, l’appelant à « assumer pleinement sa responsabilité principale » en condamnant explicite l’action militaire américaine et en œuvrant au rétablissement de la légalité internationale.

Une crise diplomatique mondiale
Le 5 janvier 2026, le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a déclaré que cette intervention constituait un « dangereux précédent ». Il a rappelé les principes fondamentaux de la Charte des Nations Unies. Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a averti que cette action « sapait un principe fondamental » de l’ordre mondial.

Un Conseil de sécurité s’est tenu en urgence le lundi 5 janvier 2026 au siège de l’ONU à New York. Les débats ont révélé une profonde division. La Russie et la Chine ont fermement condamné l’opération, la qualificative de « crime d’agression » et exigeant la libération immédiate du couple, tandis que l’ambassadeur des États-Unis, Mike Waltz, a justifié l’action comme une opération de « maintien de l’ordre » (lawforce) contre un fugitif poursuivi pour narcoterrorisme, et non comme un acte de guerre contre l’État vénézuélien.

Des pays comme la France et le Royaume-Uni ont évoqué le mode d’intervention tout en évoquant une “illégitimité du régime de Maduro” suite aux élections de 2024 et de présumées violations répétées des droits humains.

L’Union africaine a, quant à elle, appelé toutes les parties concernées à faire preuve de retenue, de responsabilité et de respect du droit international pour prévenir toute escalade et préserver la paix et la stabilité régionales. La CEDEAO a rappelé l’obligation de respecter l’article 2(4) de la Charte des Nations Unies, qui interdit le recours à la force contre d’autres États.

L’ONU a annoncé le lancement d’une mission d’enquête pour établir les faits entourant cette capture extrajudiciaire. Parallèlement, l’organisation a suspendu toutes ses opérations humanitaires au Venezuela pour des raisons de sécurité.

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