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Côte d’Ivoire: Vers une baisse du prix du Cacao de 2 800 à 1 800 FCFA le KG

En Côte d’Ivoire, le prix garanti du cacao pourrait tomber de 2 800 à 1 800 FCFA le kilo, menaçant directement les producteurs déjà fragilisés par le ralentissement des achats.

En Côte d’Ivoire, premier producteur mondial de cacao, une crise silencieuse menace directement les producteurs. Les discussions entre l’État et les multinationales qui achètent le cacao pourraient aboutir à une baisse du prix garanti de 2 800 à 1 800 francs CFA le kilogramme pour la prochaine campagne intermédiaire, selon les scénarios avancés. Pour chaque kilo vendu, cela représenterait une perte sèche de 1 000 FCFA, une somme énorme pour les producteurs, dont beaucoup vivent avec moins de 100 000 FCFA par mois.

Stratégie “politique et spéculative”
Selon des sources proches du secteur, la situation résulte de la combinaison de plusieurs facteurs. D’abord, la Côte d’Ivoire dispose actuellement d’un surplus de cacao inhabituel. Ce surplus est en partie lié à la réussite du mécanisme de stabilisation mis en place par l’État, qui prévoit la commercialisation anticipée de 85 % de la production nationale et la mise en réserve de 15 % pour la campagne. À cela s’ajoutent un afflux de fèves provenant des pays voisins et une accumulation de stocks de la campagne précédente, anticipant une hausse du prix.

Mais c’est sur le plan commercial que le problème se complique. Les grandes multinationales qui dominent l’exportation du cacao ivoirien, regroupées au sein du GEPEX, ont décidé de ralentir leurs achats. Cette stratégie, jugée “politique et spéculative” par certains analystes, met une pression directe sur le marché local. Les producteurs se retrouvent avec des volumes de fèves invendus et sont tentés de brader leur cacao en dessous du prix garanti pour faire face aux dépenses quotidiennes.

Le Conseil du Café-Cacao (CCC) tente de résister à cette pression. Des solutions sont à l’étude, notamment la mobilisation de la filiale publique Transcao Négoce pour l’achat du surplus, le stockage stratégique et le recours à des exportateurs nationaux. L’objectif est de protéger les producteurs et d’éviter un effondrement du prix payé en brousse.

Un signal d’alarme
Cette crise n’est pas seulement financière. Elle met en lumière le poids des multinationales sur le marché mondial. Alors que la Côte d’Ivoire fournit 40 % du cacao mondial, cinq grandes entreprises dominent l’exportation et dictent leurs conditions aux producteurs. La transformation locale reste faible, environ 35 à 40 % de la production, ce qui limite les marges de manœuvre pour fixer un prix équitable.

Pour les experts, cette situation est un signal d’alarme. La Côte d’Ivoire doit renforcer sa souveraineté sur le cacao, développer la transformation locale et réduire la dépendance vis-à-vis des multinationales. Sans ces réformes, les producteurs resteront les premiers à subir les fluctuations des marchés mondiaux, malgré leur rôle central dans cette richesse nationale.

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