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Grand-Bassam : Quand les plages se transforment en WC et toilettes à ciel ouvert

À Grand-Bassam, les plages, censées être des espaces de détente et d’attraction touristique, sont de plus en plus détournées de leur vocation première.

À Azuretti comme au Quartier France, un phénomène choquant et persistant interpelle, l’utilisation des plages comme toilettes publiques, et ce, malgré les interdictions formelles.

Il est 6 heures du matin à Azuretti. À cette heure où les sportifs prennent d’assaut le sable pour leur jogging matinal, d’autres usagers, eux, viennent pour un tout autre objectif. Hommes, femmes et parfois même des enfants se soulagent à même la plage, sans gêne, en plein jour. Des scènes qui se répètent, jour après jour, sous le regard impuissant des riverains et des acteurs du tourisme.

Même constat au Quartier France. Ici, certains arrivent discrètement avec des récipients à la main, préférant la plage aux toilettes domestiques. Une habitude qui choque, mais qui semble banalisée chez certains habitants.

« Nous ouvrons nos restaurants dès le matin, mais avant même d’installer les tables, il faut supporter les odeurs. Les clients se plaignent, certains se répartissent aussitôt », confie un restaurateur d’Azuretti, visiblement excédé.

Une situation qui ne reste pas sans conséquence
Les conséquences sont multiples : pollution de l’environnement, risques sanitaires, dégradation de l’image touristique de Grand-Bassam, classé patrimoine mondial de l’UNESCO.

Les sportifs racontent régulièrement être surpris, pieds nus, au contact de déchets humains enfouis dans le sable. Interrogé sur la question Djibril, révolté à traduit son mécontentement

« On sort pour faire du sport et on se retrouve à marcher dans des excréments. C’est humiliant et dangereux pour la santé », déplore un habitué de la plage.

Face à cette situation, certains riverains avancent des explications pour le moins surprenantes. Plutôt que de parler d’incivisme, ils évoquent la sorcellerie, la mauvaise foi ou encore des pratiques mystiques.

« Ce n’est pas seulement un problème de toilettes. Il y a des gens qui viennent faire des choses mystiques ici, surtout tôt le matin », affirme une habitante du Quartier France, préférant garder l’anonymat.

Pourtant, les rappels à l’ordre se multiplient. Mais sur le terrain, l’application des mesures reste timide, laissant place à un sentiment d’impunité.

Un appel aux autorités
Aujourd’hui, les restaurateurs, sportifs et amoureux de la plage lancent un appel pressant aux autorités municipales : renforcer la sensibilisation, installer des toilettes publiques fonctionnelles et surtout faire respecter les interdictions.

Car à Grand-Bassam, la plage ne devrait jamais être synonyme de nuisance, mais bien de loisir, de tourisme et de fierté locale.

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