Le Président John Dramani Mahama a ordonné le rappel immédiat du Haut-Commissaire du Ghana au Nigeria. Mohammed Baba Jamal Ahmed est visé par des allégations d’irrégularités lors des primaires du parti au pouvoir. Une décision prise pour « préserver l’intégrité de la fonction publique ».
Samedi 07 février 2026 en début de soirée, la présidence de la République a publié un communiqué officiel annonçant une mesure forte. Le Président John Dramani Mahama a ordonné le rappel immédiat de Mohammed Baba Jamal Ahmed, plus connu sous le nom de Baba Jamal, de ses fonctions de Haut-Commissaire du Ghana au Nigeria. La décision, prise sans délai, montre la volonté de l’exécutif de réagir promptement à une affaire qui touche à l’image de l’État. Le communiqué, signé par le porte-parole présidentiel et ministre de la Communication gouvernementale, Felix Kwakye Ofosu, a été diffusé aux médias peu après la finalisation de la directive.
Des allégations liées aux primaires du NDC
Les raisons de ce rappel soudain trouvent leur origine dans la vie politique interne du parti au pouvoir, le Congrès national démocrate (NDC). Baba Jamal, en plus de ses fonctions diplomatiques, était candidat aux primaires du parti dans la circonscription d’Ayawaso Est. Ces primaires, organisées pour désigner le candidat du NDC pour les prochaines élections législatives, ont été entachées par des allégations sérieuses. Plusieurs candidats, dont Baba Jamal, ont été accusés d’incitation et d’achat de votes lors du processus. Des accusations qui circulaient dans la presse et parmi les militants, créant un certain malaise. Le président Mahama, dans sa directive au ministre des Affaires étrangères, a reconnu que plusieurs candidats étaient concernés par ces allégations. Cependant, il a souligné un point capital : Baba Jamal était le seul, parmi eux, à occuper une fonction officielle au moment des faits. Cette distinction a pesé lourd dans la balance.
Préserver l’intégrité de la fonction publique
Le cœur de la décision présidentielle repose sur une question de principe. Le communiqué de la présidence est clair sur les motivations. Il indique que, sans vouloir interférer avec les enquêtes internes que le NDC a déjà ouvertes sur cette affaire, le président a estimé nécessaire d’agir. L’action a été jugée indispensable « au regard strict des normes de conduite attendues des agents de l’État ». L’objectif affiché est double : préserver l’intégrité de la fonction publique et éviter toute perception d’irrégularité ou de conflit avec le Code de conduite gouvernemental. Ce code s’applique spécifiquement aux personnes nommées à des fonctions politiques, comme c’est le cas d’un haut-commissaire. Le président Mahama a ainsi voulu envoyer un message fort, montrant que les responsabilités officielles impliquent une exigence de conduite irréprochable, y compris dans les activités partisanes. La sanction est effective sans attendre. Le rappel de Baba Jamal prend effet immédiatement. Le ministre des Affaires étrangères, quant à lui, a reçu des instructions précises.
Il doit prendre « toutes les mesures administratives et diplomatiques requises » pour exécuter cette décision. Cela implique très probablement l’organisation du retour du diplomate à Accra et la gestion des relations avec les autorités nigérianes.
Cette affaire place désormais le secrétariat général du NDC dans une position délicate. Le parti avait annoncé avoir ouvert ses propres enquêtes internes pour faire la lumière sur les allégations. Le geste présidentiel, qui devance les conclusions de ces enquêtes, montre que l’exécutif ne souhaite pas que l’image de l’État soit liée à un processus de clarification interne qui pourrait s’avérer long. Pour Baba Jamal, l’avenir politique est incertain. Son rappel est une sanction administrative majeure. Son sort au sein du parti dépendra désormais des conclusions de l’enquête interne du NDC et de l’évolution de cette affaire dans l’opinion publique. Cette décision rapide du président Mahama illustre la sensibilité des questions d’éthique dans la vie publique ghanéenne. Elle rappelle que la frontière entre activité politique et fonction d’État est surveillée, et que sa transgression peut avoir des conséquences immédiates sur une carrière.



