Figure emblématique du coupé-décalé reconvertie à la vie chrétienne, l’artiste ivoirienne Claire Bahi revient aujourd’hui sur une période de sa vie marquée par un excès de zèle religieux.
Dans un témoignage publié sur ses réseaux sociaux, celle qui fut surnommée la première dame du coupé-décalé confie avoir « perdu un homme extraordinaire » et vécu de douloureuses désillusions dans sa marche spirituelle.
« Je négligeais mon homme, mon foyer au profit des activités de l’église », admet l’artiste, évoquant une période durant laquelle sa ferveur religieuse l’a peu à peu éloignée de son compagnon et de ses repères quotidiens. « Je passais le clair de mon temps à l’église. Ce n’était pas sa faute. J’ai fini par le perdre », ajoute-t-elle avec lucidité.
Entre ferveur religieuse et perte de repères
Convertie au christianisme il y a plusieurs années, Claire Bahi explique avoir été plongée dans un excès de zèle fréquemment observé chez les nouveaux fidèles. « Quand on est nouvellement converti, on croit être plus saint que les autres, on pense que les autres, c’est le diable », reconnaît-elle. Cette ferveur aveugle, alimentée selon elle par certains prédicateurs et « hommes de Dieu », l’a conduite à se détourner du monde, de ses proches, et même de ses propres projets.
Après avoir ouvert un commerce, elle affirme avoir renoncé à son activité sur les conseils de pasteurs l’assurant que « Dieu [lui] disait que sa place ne s’y trouvait pas ». « J’ai fermé mon magasin malgré tout l’argent investi. Ensuite, je me suis retrouvée sans ressources », raconte-t-elle.
Une rupture avec les « hommes de Dieu »
Aujourd’hui, l’artiste assume une forme d’émancipation spirituelle vis-à-vis des structures religieuses traditionnelles. « Je ne vais plus dans l’église de quelqu’un. Je fais très attention aux prophéties », explique-t-elle. Elle revendique une relation directe et personnelle avec Dieu : « Je l’invoque nuit et jour. Je lui demande de me parler. »
La chanteuse en profite pour adresser un message de précaution aux nouveaux convertis : « Ne laissez pas les gens guider votre vie. Ayez un cœur pur. Faites confiance à l’Éternel. »
Un retour à l’essentiel
Si elle affirme ne plus s’inscrire dans une institution religieuse particulière, Claire Bahi continue de proclamer sa foi à travers sa musique. Elle rappelle que même avant sa conversion, elle invoquait Dieu dans ses chansons. « Ce que Dieu ne veut pas que je fasse, c’est de me dénuder. Tant que je proclame que Jésus est Seigneur, que je parle de Lui aux autres, c’est l’essentiel. »
À travers ce témoignage, la chanteuse livre un récit d’introspection, celui d’une femme qui, après avoir tout donné à la religion, choisit désormais la modération et la liberté spirituelle. Une confession rare dans un milieu artistique où la foi, souvent brandie comme étendard, se transforme parfois en cadre rigide.



