Le brasseur néerlandais entend alléger ses effectifs pour financer sa stratégie de croissance à long terme, sur fond de consommation atone en Europe et aux États-Unis.
Le géant mondial de la bière Heineken a annoncé, mercredi 11 février, la suppression de 5 000 à 6 000 postes dans le monde au cours des deux prochaines années. Cette décision s’inscrit dans le cadre d’un plan stratégique courant jusqu’en 2030, destiné à renforcer la rentabilité du groupe dans un marché plus concurrentiel et contraint.
« Nous faisons cela pour renforcer nos opérations et pouvoir investir dans la croissance », a déclaré Harold van den Broek, directeur financier du groupe, citant la nécessité de redéployer des ressources vers l’innovation, le marketing et la transition écologique de la production.
Une demande mondiale en berne
Sur l’exercice 2025, Heineken, numéro deux mondial du secteur derrière AB InBev, a enregistré une baisse de 1,2 % de ses volumes de vente, principalement en Europe et aux États-Unis. Les tendances à la modération de la consommation d’alcool, conjuguées à la pression sur le pouvoir d’achat, pèsent sur la croissance du secteur.
Cette cure d’austérité rappelle le précédent plan social annoncé en février 2021, à l’époque de la pandémie de Covid-19, qui avait conduit à 8 000 suppressions de postes pour un coût estimé à 420 millions d’euros. Le groupe justifiait alors la mesure par la fermeture prolongée des bars et restaurants, qui avait fait reculer son chiffre d’affaires de 17 % à 23,7 milliards d’euros et provoqué une perte nette de 204 millions d’euros.
Départ du directeur général et transition stratégique
Cette nouvelle annonce intervient dans un climat d’incertitude interne après le départ, en janvier, du directeur général Dolf van den Brink, en poste depuis six ans. Sous sa direction, Heineken avait amorcé la digitalisation de ses opérations et diversifié son portefeuille de marques. Mais la conjoncture actuelle oblige la direction à revoir ses priorités : réduction des coûts, simplification de la supply chain et consolidation sur les marchés rentables.
L’Afrique, marché stratégique à préserver
Avec près de 18 % de parts de marché, Heineken reste le troisième brasseur mondial, derrière AB InBev et Castel. En Afrique, où la consommation continue de progresser, les réorganisations seront scrutées avec attention. « Les marchés prioritaires resteront protégés », a assuré M. van den Broek, laissant envisager un impact limité sur les filiales africaines.
Le groupe, qui distribue plus de 300 marques dans 190 pays, table sur une hausse de 2 % à 6 % de son bénéfice opérationnel en 2026, contre 4,4 % l’an dernier. Une trajectoire prudente qui traduit le recentrage d’Heineken sur la profitabilité plutôt que sur la seule expansion géographique.



