Réuni à la Primature de Ouagadougou, le comité de pilotage de l’AES a posé les jalons de la deuxième année sous le signe du développement. La coopération 3D Défense, diplomatie, développement reste le ciment de l’espace confédéral. Ces trois piliers de la feuille de route 2026-2027 ont été entérinées par le Burkina Faso. Le Premier ministre burkinabè a salué une approche participative pour construire une feuille de route répondant aux attentes des populations.
C’était une réunion attendue par tous ceux qui suivent de près l’évolution de la Confédération des États du Sahel (AES). Ce mardi 17 février 2026, le comité de pilotage du comité national s’est réuni à la Primature, sous la présidence du Premier ministre. Au menu : la validation de la feuille de route pour la deuxième année de l’organisation . Dans son discours d’ouverture, le chef du gouvernement a tenu à rappeler le caractère désormais irréversible de la dynamique enclenchée par les trois chefs d’État de l’espace confédéral. Le Capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso et président en exercice de l’AES, le Général d’Armée Assimi Goïta, président de la Transition au Mali, et le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, président de la République du Niger, portent ce projet avec fermeté et détermination. Une détermination qui se traduit aujourd’hui par des actes concrets. Après une première année placée sous la présidence malienne, les jalons de l’An II sont désormais posés. Et c’est précisément pour valider cette nouvelle étape que les acteurs nationaux étaient réunis autour du Premier ministre.
Une feuille de route construite sur trois piliers
Le document soumis à la validation du comité de pilotage n’est pas sorti de nulle part. Il capitalise les acquis et les enseignements tirés de la première année de fonctionnement de la Confédération. Surtout , il a été élaboré selon une méthode participative associée à l’ensemble des États membres. Une approche que le Premier ministre a saluée, y voyant la garantie d’une appropriation collective des objectifs à venir. La feuille de route pour l’An II s’articule autour de trois piliers clairement identifiés. Le premier, naturellement, est celui de la défense et de la sécurité. Dans un espace sahélien confronté à des défis sécuritaires majeurs, la coordination des efforts militaires et le partage de renseignements restent une priorité absolue. Le deuxième pilier concerne la diplomatie. L’AES, en tant que jeune organisation, doit définir sa place sur l’échiquier régional et international. Les relations avec les organisations existantes, CEDEAO, Union africaine, Nations Unies, mais aussi avec les partenaires bilatéraux, devront être clarifiées et harmonisées. Le troisième pilier, celui du développement, est sans doute le plus attendu par les populations. Il recouvre des enjeux concrets : libre circulation des personnes et des biens entre les États membres, désenclavement des zones frontales, réalisation d’infrastructures structurantes, développement socio-économique.
Cette feuille de route n’est pas un document technique destiné à rester dans les tiroirs. Elle doit déboucher sur des mesures concrètes, visibles et compréhensibles par les citoyens de l’espace confédéral
Pour Jean Emmanuel Rimtalba Ouédraogo , « cette feuille de route n’est pas un document technique destiné à rester dans les tiroirs. Elle doit déboucher sur des mesures concrètes, visibles et compréhensibles par les citoyens sûrs de l’espace confédéral ». La sécurité, bien, est la première des attentes. Mais elle ne suffit pas. Les populations veulent pouvoir circuler librement, échanger, commercer, sans se heurter aux barrières administratives ou aux tracasseries. Elles attendent des routes, des ponts, des infrastructures qui rapprochent les territoires et les hommes. Elles attendent aussi que l’AES sache nouer des partenariats respectueux de la souveraineté des États membres. À l’échelle sous-régionale, régionale et internationale, la Confédération devra défendre ses intérêts et ceux de ses populations, sans compromission. « Le projet proposé, tout en suivant les résultats de l’An I, propose des mesures innovantes qui ont un impact direct sur les populations », s’est félicité le Premier ministre. Une manière de souligner que la continuité n’exclut pas l’innovation, et que l’expérience accumulée doit servir à faire mieux, pas simplement à reproduire.
Un appel à l’amélioration continue
Mais le chef du gouvernement ne s’est pas contenté de saluer le travail accompli. Il a également invité les services techniques et les spécialistes à poursuivre leurs réflexions. « Toute création humaine est susceptible d’être améliorée », a-t-il rappelé, appelant à une démarche de perfectionnement constant. Une invitation à ne pas considérer la feuille de route comme un document figé, mais comme une base de travail évolutive. Les discussions de ce mardi , at-il espéré, contribueront à l’enrichir et à permettre sa pleine appropriation par tous les acteurs concernés. « Je suis persuadé que les discussions contribueront à l’enrichissement et à la pleine appropriation de cette feuille de route, qui servira de base aux priorités de l’An II », a conclu le Premier ministre, avant de passer la parole aux différents intervenants. La réunion du comité de pilotage confirme une réalité politique : l’AES est désormais une organisation bien vivante, dotée d’une feuille de route et d’objectifs établis.
Les déclarations d’intention des premiers mois ont laissé place à un travail concret de planification et de programmation.
Les trois chefs d’État fondateurs, par leur engagement personnel, donnent l’impulsion nécessaire. Reste aux administrations nationales et aux structures de la Confédération à transformer cette impulsion en actions sur le terrain. La feuille de route validée ce mardi à Ouagadougou trace le chemin. Il appartient maintenant aux États membres de l’emprunter résolument, ensemble. Pour les populations du Burkina Faso, du Mali et du Niger, l’enjeu est de voir leur quotidien s’améliorer grâce à cette nouvelle forme de coopération régionale. La sécurité, la libre circulation, le développement : autant de promesses qu’il faudra tenir. La feuille de route de l’An II est l’outil qui doit permettre d’y parvenir. Son adoption n’est qu’une étape. Sa mise en œuvre sera le véritable test.



