Lors des JNPCA 2026, la Direction générale de la CMU et le Conseil Coton Anacarde Karité ont paraphé un accord de partenariat pour l’assurance-maladie universelle. Un bon deal à un moment où les statistiques donnent favori les producteurs d’anacarde qui sont enrôlés à plus de 70%.
Dans le grand nord ivoirien notamment dans la zone de Korhogo et Boundiali, les planteurs et leurs ayants droits sont déjà fichés par la DG-CMU. Le CCAK œuvre à ce que la bonne santé des plantes corrobore avec la bonne santé du planteur. Les femmes productrices sont à 80% d’enrôlement à la CMU dans ses zones. Lors des séances de sensibilisation sur la qualité de la noix de cajou, plusieurs paysans enquêtés répondent par l’affirmative : Oui, j’ai ma carte CMU, j’ai aussi fait pour mes femmes. La Caisse Nationale d’Assurance Maladie (CNAM), en charge de la Couverture Maladie Universelle (CMU), et le Conseil du Coton et de l’Anacarde (CCA) collaborent pour l’enrôlement et la couverture santé des acteurs de la filière agricole. Cette initiative vise à sécuriser la santé des producteurs, souvent vulnérables, en facilitant l’accès aux soins.
Plus de 70 % des producteurs d’anacarde du grand nord déjà enrôlés à la CMU
À Korhogo et Boundiali, l’enrôlement des planteurs et de leurs familles à l’assurance maladie dépasse les 70 %. Le projet pilote du Tchologo ouvre la voie au basculement généralisé des producteurs d’anacarde à la Couverture maladie universelle. C’est l’une des bonnes nouvelles de cette campagne 2026. Alors que se respectent actuellement les Journées nationales des producteurs de coton et d’anacarde (JNPCA), la Direction générale de la Couverture maladie universelle (CMU) et le Conseil Coton Anacarde Karité (CCAK) ont officialisé un partenariat stratégique. Leurs entités ambitionnent de garantir l’accès aux soins de santé aux producteurs et à leurs familles, avec des résultats déjà probants dans le grand nord ivoirien. Dans les zones de Korhogo et de Boundiali, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Plus de 70 % des producteurs d’anacarde sont déjà enrôlés à la CMU, et leurs ayants droit avec eux. Un taux qui monte même à 80 % chez les femmes productrices. Lors des récentes séances de sensibilisation sur la qualité de la noix de cajou, les enquêteurs ont recueilli des témoignages convergents : « Oui, j’ai ma carte CMU, j’ai aussi fait pour mes femmes », répondent de nombreux paysans.
La convention signée entre la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM), en charge de la CMU, et le CCAK poursuit plusieurs objectifs. Il s’agit d’abord de procéder à l’enrôlement massif des producteurs de coton, d’anacarde et de karité, ainsi que de leurs familles. Ensuite, de leur permettre de bénéficier effectivement des prestations couvertes par l’assurance maladie obligatoire : de santé, médicaments, hospitalisations. La démarche vise à intégrer la protection sociale dans le développement durable des filières agricoles. Une manière de reconnaître que la bonne santé des plantes doit aller de pair avec la bonne santé des planteurs. Le CCAK, à travers cette initiative, œuvre à ce que ces deux dimensions avancent de concert. Cette convention s’ouvre dans le cadre plus large de la politique de protection sociale du gouvernement ivoirien, qui entend améliorer les conditions de vie des acteurs ruraux. Si des accords commerciaux ont été signés début 2026, notamment avec le groupe The Andersons, cet aspect social vient renforcer la gestion globale des filières. Si le principe du basculement des producteurs dans le fichier de l’Institution de prévoyance sociale est acquis, sa mise en œuvre diffère selon les filières.
Il faut d’abord identifier précisément les producteurs, comme cela a été fait dans la filière café-cacao .
Pour le coton, où les données existent déjà et où la collaboration avec l’Interprofession coton (Intercoton) est efficace, le processus devrait être plus rapide. Pour l’anacarde en revanche, un préalable s’impose : il faut d’abord identifier précisément les producteurs, comme cela a été fait dans la filière café-cacao . C’est à cette condition que le basculement dans le fichier de l’IPS-CNAM pourra réussir. « Le Conseil coton et anacarde a lancé un projet pilote dans la région du Tchologo. Nous pouvons vous dire que ça marche bien. Quand nous allons finir avec le recensement et l’identification globale des producteurs, le basculement se fera. Nous en sommes très conscients », a récemment indiqué Mamadou Berté, directeur général du Conseil coton et anacarde, à l’occasion du lancement de la deuxième édition des JNPCA prévue en janvier prochain à Yamoussoukro.
Fruit d’une vaste tournée d’information en 2025
Pour préparer le terrain, une vaste campagne d’information a été organisée du 22 au 28 juillet 2025. Elle a couvert les principales zones de production d’anacarde : Yamoussoukro, Daloa, Mankono, Odienné, Korhogo, Katiola et Bondoukou. L’objectif est d’assurer une meilleure compréhension du projet par les producteurs et mobilisateur efficacement tous les acteurs concernés. Selon une note de presse du Conseil coton et anacarde publiée à l’époque, « cette campagne vise à présenter les modalités précises d’identification des exploitants et de leurs plantations, détaillant les critères, les étapes et le calendrier de mise en œuvre ». Elle sert également à clarifier les rôles respectifs du Conseil, chef d’orchestre du projet, et de l’Organisation interprofessionnelle agricole anacarde (OIA-Anacarde), qui accompagne l’opération sur le terrain. Au-delà de la simple information, cette tournée a permis de recueillir les avis et suggestions des producteurs, afin d’ajuster et d’améliorer le dispositif. Une approche participative qui devrait favoriser l’adhésion des principaux intéressés.
Le projet pilote du Tchologo, laboratoire du dispositif
Le Projet d’identification des exploitants et des exploitations agricoles (PIEEA) a été lancé et testé avec succès dans la région pilote du Tchologo. Ce test grandeur nature a permis de valider les méthodes et de mesurer les premiers résultats. L’objectif final va bien au-delà du simple enrôlement à la CMU . Ce dispositif vise également à garantir la qualité de la noix d’anacarde, à sécuriser les transactions commerciales en assurant le respect du prix plancher bord champ, et à soutenir la structuration du marché local, en phase avec la campagne de commercialisation. Par cette initiative, le Conseil coton et anacarde réaffirme son rôle moteur dans le développement durable de la filière. Un développement qui ne se conçoit plus sans une dimension sociale forte, au bénéfice direct des producteurs et de toute la chaîne de valeur. Dans l’immédiat, ce sont les chiffres en provenance du grand nord qui retiennent l’attention.
À Korhogo et Boundiali, l’enrôlement dépasse déjà les 70 %. Un taux qui témoigne de l’efficacité du travail mené sur le terrain par les équipes du Conseil et ses partenaires.
Les femmes productrices sont particulièrement bien représentées, avec un taux d’inscription de 80 % dans ces zones. Une avancée significative pour l’accès aux soins de cette catégorie souvent vulnérable, qui pourra désormais se soigner dans de meilleures conditions. Lors des séances de sensibilisation sur la qualité de la noix de cajou, les enquêteurs ont pu vérifier cette progression . De nombreux producteurs diffusés confirment posséder leur carte CMU et avoir fait enregistrer leurs épouses. Un signe que le message est dépassé et que les populations adhèrent à cette démarche.
Une dynamique à étendre à l’ensemble du pays
Reste désormais à amplificateur cette dynamique. L’expérience du Tchologo, les résultats obtenus dans le grand nord, la tournée d’information ressort en éléments 2025 : tous ces plaident pour une généralisation rapide du dispositif à l’ensemble du bassin anacardier. Le directeur général du Conseil s’est montré confiant quant à la suite du processus. Une fois le recensement global achevé, le basculement des producteurs dans le fichier de l’Ips-Cnam pourra intervenir. Ils bénéficieront alors pleinement des prestations couvertes par la CMU. Pour les producteurs de coton, d’anacarde et de karité, l’enjeu est de taille. Longtemps restés en marge des dispositifs de protection sociale, ils accèdent désormais à un droit fondamental : celui de se soigner sans ruiner leur économie familiale. Une avancée majeure pour des filières qui emploient des centaines de milliers de personnes et contribuent significativement à l’économie nationale.



