L’Inde a annoncé, mercredi 25 mars, ses nouveaux engagements en matière de climat pour 2035. New Delhi était à la traîne pour transmettre sa contribution nationale climatique (NDC), qui doit être remise à jour tous les cinq ans depuis l’Accord de Paris en 2015. Les contributions étaient attendues en septembre 2025, avant la COP de Belém. Ses objectifs sont importants car avec 4,4 milliards de tonnes de dioxyde de carbone émises en 2024, selon l’ONU, le géant asiatique est le troisième pollueur de la planète, derrière la Chine et les États-Unis.
Dans ses nouveaux objectifs affichés, l’Inde prévoit d’ici à 2035 une réduction de 47% de l’intensité de ses émissions de gaz à effet de serre (un indicateur qui rapporte les émissions au PIB) par rapport à leur niveau de 2005, selon un document gouvernemental.
Il y a dix jours, New Delhi avait fait l’objet de critiques pour avoir tardé à publier ses engagements, c’est donc chose faite. La France notamment avait menacé de bloquer des fonds européens, destinés à la décarbonation du pays – et dont le montant s’élèverait à 500 millions d’euros.
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Augmenter le recours aux énergies non-fossiles
Toujours à l’horizon 2035, le pays annonce aussi porter la part de sa production d’énergie électrique d’origine non fossile à 60%. Des chiffres ambitieux et bienvenus selon Avantika Goswami, responsable du programme Changement climatique au Centre pour la science et l’environnement (CSE) en Inde.
« Les nouveaux objectifs de l’Inde représentent un engagement dans le multilatéralisme climatique et particulièrement dans un monde qui se retrouve fracturé en ce moment, se réjouit-il. Ce signal de l’Inde montre vraiment que le leadership du Sud global sur l’ambition climatique est concret et réel. C’est un signal positif important ».
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« Une hausse très modeste comparée au potentiel »
D’autres experts ont toutefois jugé ces annonces décevantes. Les engagements en termes de réduction d’intensité carbone « constituent une hausse très modeste comparée au potentiel » du pays et pourraient « éroder encore un peu plus la confiance dans les négociations multilatérales », a regretté Aman Srivastava, de Sustainable Futures Collaborative. Les promesses indiennes en matière de production d’électricité « verte » sont par contre « plus significatives et bienvenues », a-t-il tempéré.
L’Inde avait annoncé l’an dernier que 50% de sa capacité de production d’électricité était désormais d’origine renouvelable, avec cinq ans d’avance sur le calendrier fixé par le traité de Paris. Mais près des trois quarts (73%) de son électricité restent toujours effectivement produits par des centrales à charbon très polluantes, encore très loin de l’objectif de 43% qu’elle s’était pourtant fixée pour l’horizon 2030.
L’Inde est par ailleurs candidate pour accueillir la COP33 sur le climat. Elle aura lieu en 2028 et s’annonce très importante, puisqu’elle fera le bilan de toutes les actions en faveur du climat depuis l’Accord de Paris de 2015.
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