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Avocat des Maires et PCR : Vagondo Diomandé promet un nouveau Statut aux élus locaux

Sans se lancer dans un syndicalisme pur, le ministre de tutelle des régions et communes s’est fait l’avocat de la cause des collectivités territoriales. Depuis le colloque du Sénat sur la décentralisation, Vagondo Diomandé promet l’adoption très prochaine d’un texte portant Statut des élus locaux qui ont besoin que leur mandat et droits soient protégés.

La question du Statut de l’élu local constitue un autre élément important dans le processus de décentralisation . « Aujourd’hui, les élus locaux assument des responsabilités croissantes, souvent dans des contextes exigeants, mais sans toujours bénéficier d’un cadre juridique et social à la hauteur de leur mission » at-il notifié à Yamoussoukro.

Statut de l’élu local, autonomie financière : Les engagements du ministre de l’Intérieur
Le gouvernement ivoirien veut accélérer la réforme de la gouvernance territoriale. En effet, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité (MIS) s’est fait l’avocat des maires et des présidents de conseils régionaux (PCR) lors du colloque international sur les collectivités territoriales organisé par le Sénat les 26, 27 et 28 mars 2026 à Yamoussoukro. Devant un parterre d’élus locaux, de responsables institutionnels et d’experts nationaux et internationaux, le général Vagondo Diomandé a annoncé l’adoption prochaine d’un texte portant sur le statut des élus locaux, une revendication ancienne des acteurs du développement territorial. Le ministre de tutelle n’a pas caché sa connaissance des difficultés rencontrées sur le terrain. Le ministre a d’abord salué l’initiative du Sénat de faire de la décentralisation un véritable levier de développement local efficace et durable. Le colloque s’inscrit dans la continuité des réflexions engagées par l’institution parlementaire et étau, à juste titre, traduire les acquis en actions concrètes, en cohérence avec les objectifs fixés à l’horizon 2030.

Il convient de reconnaître, avec lucidité, que la décentralisation demeure encore inachevée dans sa mise en œuvre opérationnelle.
Le ministre a indiqué que la décentralisation, dans le pays, ne saurait être réduite à un simple instrument administratif ni à une réforme technique isolée. « Elle constitue un choix politique stratégique, au cœur de la vision du président de la République », a-t-il précisé. Elle répond à une exigence fondamentale qui consiste à rapprocher la décision publique des citoyens, à réduire les disparités territoriales et à favoriser un développement harmonieux de l’ensemble du territoire national. Il a reconnu que des avancées significatives sont à saluer, notamment le transfert progressif de compétences aux collectivités territoriales ainsi que le renforcement du rôle des élus locaux dans la gouvernance de proximité. Mais il a aussitôt ajouté : « Il convient de reconnaître, avec lucidité, que la décentralisation demeure encore inachevée dans sa mise en œuvre opérationnelle. »

Des réformes en cours
Les diagnostics issus des travaux du Sénat et des différents mécanismes d’évaluation ont permis d’identifier des défis persistants, a détaillé le général Vagondo Diomandé. Parmi eux : une effectivité encore limitée du transfert des compétences, des contraintes institutionnelles et organisationnelles, l’insuffisance et la faible prévisibilité des ressources financières, ainsi qu’un besoin accumulé de professionnalisation des acteurs territoriaux. Face à ces enjeux, le gouvernement a engagé un ensemble cohérent de réformes visant à franchir un cap décisif dans la consolidation de la décentralisation. Il travaille notamment à l’actualisation des textes réglementant les collectivités territoriales, afin de renforcer la sécurité juridique des actes des autorités locales et d’améliorer la lisibilité du cadre institutionnel. « L’objectif est de bâtir un dispositif normatif cohérent, moderne et adapté aux exigences d’une gouvernance territoriale performante », a-t-il affirmé.Selon le MIS, aucune décentralisation ne peut être pleinement efficace sans une autonomie financière réelle. C’est pourquoi le gouvernement s’attèle à revoir les mécanismes de transfert des ressources afin de les rendre plus équitables et prévisibles, à renforcer la transparence et la traçabilité des flux financiers, à encourager la mobilisation des ressources propres des collectivités et à promouvoir des instruments innovants, notamment les partenariats public-privé.

« Il s’agit, en définitif, de garantir aux collectivités territoriales les moyens d’exercer pleinement les compétences qui leur sont confiées », a-t-il souligné.
La performance des collectivités territoriales repose également sur la qualité de leurs ressources humaines. À ce titre, des réflexions sont engagées pour améliorer le statut des personnels territoriaux, renforcer leurs compétences à travers la formation continue et garantir des conditions de travail motivantes et stables. « Il s’agit de bâtir une administration territoriale moderne, efficace et résolument orientée vers les résultats », at-il ajouté. La question du statut de l’élu local constitue l’un des piliers essentiels de la réforme en cours. La réforme envisagée vise à clarifier les droits et devoirs des élus locaux, à sécuriser l’exercice de leur mandat, à instaurer un régime de protection sociale adapté et à valoriser la fonction d’élu local afin d’en faire un véritable levier d’engagement au service des populations. Cette réforme va doper une ambition plus grande qui consiste à professionnaliser la gouvernance locale et à renforcer la crédibilité de l’action publique au niveau territorial. Le ministre a également tenu à notifier le rôle central du Sénat dans l’architecture de la décentralisation en Côte d’Ivoire. En tant que représentant des collectivités territoriales, le Sénat joue un rôle déterminant dans l’élaboration et l’examen des textes législatifs, le suivi et l’évaluation des politiques publiques, ainsi que dans la remontée des préoccupations des territoires vers le niveau central . Les travaux du Sénat, notamment en matière d’évaluation du transfert des compétences, constituent une base précieuse pour éclairer la décision publique et ajuster les politiques en cours.

Un appel au Sénat
Au regard de l’importance des réformes engagées, le ministre a lancé un appel solennel au Sénat pour un accompagnement renforcé et déterminé. Le département ministériel attend du Sénat un plaidoyer actif en faveur de l’adoption diligente des réformes, notamment celle relative au statut de l’élu local, un appui stratégique dans la consolidation du cadre institutionnel de la décentralisation, une implication accumulée dans le suivi de la mise en œuvre des politiques territoriales ainsi qu’un rôle de catalyseur du dialogue entre le gouvernement et les collectivités territoriales. « C’est ensemble, dans une dynamique de complémentarité et de confiance, que nous pourrons accélérer la transformation de notre système de gouvernance locale », a-t-il poursuivi. Le MIS a exprimé le vœu que le symposium constitue une étape décisive, en débouchant sur des recommandations concrètes, opérationnelles et audacieuses. Il s’est dit convaincu que, grâce à l’engagement du gouvernement, à la mobilisation du Sénat et à l’implication de l’ensemble des acteurs, il sera possible de lever les contraintes persistantes, d’accélérer la mise en œuvre effective de la décentralisation et d’améliorer durablement les conditions de vie des concitoyens. A noter que les élus locaux, qui attendent depuis longtemps une réforme de leur statut et une véritable autonomie financière, repartent de Yamoussoukro avec l’espoir que les promesses seront cette fois tenues. Le général Vagondo Diomandé s’est engagé à travailler main dans la main avec le Sénat pour faire aboutir ces réformes dans les meilleurs délais. Reste à concrétiser ces engagements sur le terrain.

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